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LA COMMUNE LIBRE DU QUARTIER SAINT-PIERRE
Association loi 1901 : prochain rendez-vous des Talents du Quartier Saint-Pierre Mardi 5 Décembre, de 18h à 21h, place Camille Jullian.  Peuvent être exposants les professionnels du quartier (commerçants, artisans, professions libérales) mais aussi des particuliers qui sont porteurs d’une expert...

PRIX DÉCOUVERTE DES SPECTATEURS D'UTOPIA
Décerné à votre film préféré parmi les premiers films français de l’année 2017 A l’initiative des deux associations de quartier La Commune Libre du quartier Saint Pierre et Les Amis de l’Utopia, sera décerné le premier Prix Découverte des Spectateurs du cinéma Utopia  de Bordeaux. C’est donc à v...

Solidarité avec Jean-Jacques Rue
Collègue d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône et ci-devant chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, et son camarade poète et cinéaste franco-grec Yannis Youlountas Jean-Jacques Rue, c’est une figure d’Utopia : un nounours punk qui s’active dans les salles de Saint-Ouen l’Aumône. À Bordeaux, vous l’avez vu tou...

STOP LINKY
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions. Et si vous souhaitez rejoindre l...

PCA
 Paysans et Consommateurs Associés, Bordeaux-Vallée de l’IslePCA Chaque Mercredi de 19h à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres...

L'ASSEMBLÉE

Mariana OTERO - documentaire France 2017 1h35mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ASSEMBLÉEL'Assemblée relate les débuts du mouvement « Nuit debout », déclenché par le projet de réforme de la loi travail en Février 2016… Le film s'ouvre sur une tribune où un donneur de micro déclare « L'agora est ouverte » – une phrase qui fait programme pour l'ensemble du film, dont on perçoit le projet de décaper l'idée antique de l'agora, et d'examiner ce qu'elle a encore à offrir. « Les riches sont très organisés et solidaires », déclare à la tribune la sociologue Monique Pinçon-Charlot, « imitons-les ! ». Mais l'organisation, la solidarité sont difficiles à « imiter » place de la République, surtout sans les moyens des « riches ». L'exclamation de l'économiste Frédéric Lordon, qui vient juste après – « Enfin quelque chose se passe ! » – nous reste aussi en tête pour la suite. Que se passe-t-il, exactement ?… Il « se passe » surtout la participation des amateurs, qui ne sont pas des manifestants aguerris. Le montage de L'Assemblée insiste sur les détails : comment fabriquer un mégaphone en papier, comment animer un débat, et même, comment traduire en langue des signes ce qui se dit ? Plusieurs modérateurs rappellent à leur auditoire qu'ils ne sont pas des professionnels et réclament à ce titre l'indulgence ; un homme précise même que, présent depuis 6 jours, il n'est pas encore intervenu tellement il est ému. Pour de nombreux autres, très jeunes, on imagine que Nuit debout est l'un des premiers rassemblements publics qu'ils fréquentent. Mariana Otero souligne dans son montage ce retour aux sources de la démocratie, cette récurrence du « quelqu'un comme vous et moi » (l'expression est entendue pour désigner les modérateurs), qu'un poème lu lors d'une autre assemblée reformule autrement : « On n'est pas riquiqui, et ils veulent nous faire croire le contraire »…

Sur la place, Nuit debout fonctionne d'une façon parfois très protocolaire (pour chaque discours il faut un modérateur, un facilitateur et un chronométreur) ; chaque intervention est limitée à 2 minutes, comme si à chaque prise de parole, le risque de débordement, de domination, menaçait l'idéal démocratique. De telles précautions ne tuent-elles pas l'élan du projet ? « Deux minutes, c'est le temps d'un twit », rappelle un orateur, « pendant la Commune, on a commencé par tirer sur les montres… ». Si pendant les mois durant lesquels la réalisatrice a filmé, le ton monte lorsque le Premier ministre Manuel Valls utilise le 49.3 et qu'un appel à la grève est lancé en Mai, le film se focalise très peu sur l'efficience politique du mouvement. D'où une impression étrange que les différents groupes (économie, agriculture, éducation) doivent, avant de produire des propositions concrètes, tergiverser très longtemps non pas sur telle ou telle idée à faire voter par l'auditoire, mais sur la nécessité ou non de voter. S'agirait-il d'une image miniature de la lourdeur du fonctionnement démocratique à la française ? Notre système est-il rongé, taraudé par le doute perpétuel sur ses façons de fonctionner ? La réponse à cette suspicion arrive assez tôt : « Quand on parle de la forme, on parle du fond, de l'exercice de la démocratie participative ».

L'Assemblée se révèle finalement plus subtil et plus riche qu'une chronique de Nuit debout ou qu'un document sur l'histoire d'un mouvement (pas tout à fait éteint d'ailleurs). Il en analyse le but profond qui est de ne pas se contenter des effets du vote, autrement dit de sortir les citoyens d'une condition passive pour les amener à exercer leur droit, étymologique, de transformer la cité… (C. Garson, revue-etudes.com)