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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
En catimini, à 2h00 du matin mardi 29 mai, une poignée de députés a rejeté l’interdiction du glyphosate, herbicide pourtant reconnu comme toxique pour l’environnement et classé comme « cancérigène probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé. Emmanuel Macron s’était engagé à interdure d’ic...

PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

L'ATELIER

Laurent CANTET - France 2017 1h53mn - avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach, Issam Talbi, Florian Beaujean, Mamadou Doumbia, Julien Souve, Mélissa Guilbert, Olivier Thouret, Lény Sellam... Scénario de Robin Campillo et Laurent Cantet.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ATELIERLe nouveau film de Laurent Cantet, l’un des plus important cinéastes français selon nous, signe avec l’Atelier, l’une de ses plus grandes réussites. Un film majeur sans appel magnifiquement écrit en collaboration avec Robin Campillo (réalisateur du superbe 120 battements par minute), d’une lucidité aveuglante sur l’état actuel de notre société aussi riche que complexe.
Ici les grands ados, de toutes les couleurs ou presque, ont au moins une chose essentielle en commun : ce sont des enfants de La Ciotat. Loin des clichés, des étiquettes qu’on leur colle dans le dos, comme de mauvais poissons d’avril qui leur empoisonnent l’existence, ils sont les héritiers fauchés comme les blés d’une classe ouvrière désormais partie en déshérence dont les seuls vestiges (de taille !) sont les chantiers navals qui gisent là tels de grosses baleines noblement échouées. Ironie du sort que cette ancienne friche industrielle, haut foyer de résistance des travailleurs, soit devenue une sorte de « station-service » de luxe pour les yachts des puissants, des plus friqués, peut-être de ceux-là même qui n’ont pas hésité à les réduire au chômage. Si les nouvelles générations tendent à l’oublier, leurs racines sont-là, qui les amarrent malgré eux à ces rochers rugueux, à ces eaux troublées par les caprices du vent.

Quelle étrange chose, cet été-là, alors qu’un beau temps béat rend les plages plus attractives que jamais, qu’une petite bande de gars et de filles préfèrent se cloîtrer pour participer à un atelier d’écriture. Il faut dire que l’animatrice est une pointure. Écrivaine de polars renommée, elle vient spécialement de Paris pour eux. C’est donc mi-impressionnés, mi-soupçonneux qu’ils accueillent, cette Olivia à l’accent pointu, tout étonnés qu’elle veuille leur accorder son temps, suspectant qu’il puisse y avoir anguille sous roche, la provoquant presque. Après tout, si elle est là, c’est qu’elle doit être grassement payée !? Seule face à ce groupe de grandes gigues, Olivia se montre tout aussi intimidée, à la fois curieuse et écrasante, parfois gauche. Pas de doute il va falloir du temps pour que ces deux mondes apprennent à s’apprivoiser. Et peut-être ne se comprendront-ils jamais complètement.
En attendant, le travail collectif démarre, d’abord hésitant puis plus affirmé. Chacun(e) se laisse emporter par les idées qu’elle(il) a envie de défendre, l’image qu’il aimerait donner, d’elle(lui), de sa ville… Surgissent des choses drôles, des choses graves, de celles qui laissent des blessures. L’histoire des parents que les pouvoirs publics, les classes dirigeantes ont abandonné même s’ils n’ont pas les concepts politiques pour l’analyser… Les mots viennent à petits pas malhabiles, corsetés dans un registre de langage peu coutumier. Malika, Fadi, Boubakar, Lola… chacun(e) se lance, confie ses idées, tâchant d’oublier le regard des autres. Seul Antoine reste en retrait. Entre deux plongées dans ses mondes virtuels sur la toile, il essaie de remettre un pied dans la vraie vie. Mais elle lui paraît trop grande, trop effrayante, peu prometteuse d’évasion, déjà coincée entre les prévisions d’un avenir médiocre, au mieux promis aux petits boulots, sinon au chômage… Il n’y a de place que pour baisser l’échine ou se révolter. Vis-à-vis de ses camarades d’écriture, il demeure sur le qui vive, comme hésitant entre devenir un animal social ou rester anti-social.

Entre lui et Olivia, qui ne sait pas comment l’aider, se tisse une relation toujours plus trouble, à la fois froide et torride, stimulante et déstabilisante… On sent la tension qui monte et on ne sait comment tout cela va se dénouer. L’air de rien, Antoine met à mal les convictions de l’écrivaine/animatrice, sa bonne conscience de gauche, ses bons sentiments, la jaugeant, l’épiant, la renvoyant vers ceux de sa classe sociale, à ses contradictions. Entre eux deux se met en place une troublante partie de jeu du chat et de la souris. On sent comme un péril qui plane tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre. Peut-être même pour les deux… C’est absolument passionnant.