LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
En catimini, à 2h00 du matin mardi 29 mai, une poignée de députés a rejeté l’interdiction du glyphosate, herbicide pourtant reconnu comme toxique pour l’environnement et classé comme « cancérigène probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé. Emmanuel Macron s’était engagé à interdure d’ic...

PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES

Écrit et réalisé par Hélène CATTET et Buno FORZANI - France-Belgique 2017 1h32mn - avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Marc Barbé, Bernie Bonvoisin, Marine Sainsily... D'après le roman de Jean-Patrick Manchette (son premier) et Jean-Pierre Bastid. Interdit aux moins de 12 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRESDans quelque sens qu'on le prenne, Laissez bronzer les cadavres est une tuerie. Au propre parce que, malgré le nombre restreint de protagonistes, ça défouraille comme à Bastogne – et le titre ne ment pas. Au figuré surtout parce qu'on est en présence d'un incroyable film sensoriel, maquillé en polar, qui nous poursuit longtemps après la projection d'une impression de sidération dont on peine à se défaire. Après deux films confidentiels (Amer et L'Étrange couleur des larmes de ton corps), Hélène Cattet et Bruno Forzani réussissent avec Laissez bronzer les cadavres à nous faire partager, entre hommage ultra-référencé et rêverie (ou cauchemar) éveillée, leur déclaration d'amour filmée au cinéma. Avec une prédilection certaine pour le cinéma dit « de genre », européen – et essentiellement transalpin – qui a connu une sorte d'âge d'or dans les décennies 70 et 80. Après avoir revisité l'univers de Dario Argento dans les deux opus sus-cités, c'est sur les traces de Sergio Leone qu'ils lancent leur caméra (mais le foisonnement de citations dépasse largement le cinéma du maître du western spaghetti). À l'instar du roman, le film tient tout autant du polar que du western, un Règlement de comptes à OK-Corral réduit à l'os d'une intrigue minimaliste pour mieux laisser éclater le formalisme d'une écriture tranchante, ahurissante de précision. Réputé inadaptable, le roman est ici adapté avec une fidélité quasi-littérale à la sèche linéarité de son récit. Lequel, en forme de tragédie classique, tiendrait résumé sur une demi-feuille de papier à cigarette et respecte scrupuleusement les trois unités : de temps, de lieu et d'action.

Pendant vingt-quatre heures, un hameau en ruines, écrasé par le soleil, va être le théâtre d'un affrontement à mort entre une poignée de malfrats qui vient de réaliser dans un bain de sang « son » casse du siècle et la paire de gendarmes qui les débusque pour ainsi dire par erreur. Bataille rangée au milieu de laquelle s'efforcent de survivre, avec plus ou moins d'énergie et d'efficacité, la maîtresse des lieux, artiste performeuse sur le déclin, sa cour décadente et quelques encombrantes pièces rapportées. C'est à peu près tout. Comme le roman, le film ne dévie pas de l'aridité de son argument. Pas l'ombre d'un coup de théâtre à l'horizon, chaque rôle est connu et chaque destin inéluctablement mené à son terme. Et comme dans le roman, la sécheresse du canevas permet aux auteurs de déployer un invraisemblable savoir-faire (comment tenir en haleine un lecteur / spectateur sur un schéma aussi simple et convenu ? C'est possible, la preuve !) pour enrober l'affaire d'un habillage stylistique aussi maniéré, érudit et multi-référentiel qu'impeccablement et artisanalement ouvragé. Le résultat donne un de ces films beaux, fous, étincelants, frondeurs, d'une formidable liberté de ton et d'une implacable rigueur formelle, aussi séduisants que malaisants, qui allient avec panache une radicalité pour le moins rugueuse à la recherche du charme imparable des objets ostensiblement surannés. Un de ces films qui ont l'air de bolides méticuleusement déglingués, lancés sans visibilité à 200 km/h sur les chemins de traverse de la cinéphilie non-conventionnelle, de série B à Z.

Il se dit que Quentin Tarantino est le premier fan du travail de Cattet & Forzani. S'appuyant sur un aussi prestigieux parrainage, on fait le pari que la beauté formelle, l'inventivité sans limite, la rigueur narquoise de ces exquis cadavres vont, comme nous, vous laisser comme deux ronds de flan : épuisés, rincés, à bout de souffle – et, on vous le souhaite, ravis.