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CHAVELA VARGAS

Catherine GRUND et Daresha KYI - documentaire Mexique / Espagne 2017 1h33mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CHAVELA VARGASÔ toi spectatrice / spectateur qui te sent envahi par le blues du temps qui passe et t'éloigne de ta jeunesse, toi qui te laisse gagner par les regrets des choses pas faites à temps, des relations gâchées, des sentiments gaspillés… fonce voir ce revigorant documentaire et te ressourcer au destin de son héroïne Chavela Vargas, cette incomparable chanteuse de rancheras (chansons traditionnelles d'Amérique latine). Un destin qui te prouvera que même quand on a 70 ans et que l'on croit son avenir largement derrière soi (dans le cas de Chavela Vargas, c'est bien pire, puisqu'à cet âge, la chanteuse était devenue quasi SDF et alcoolique), on peut connaître encore une nouvelle chance et trouver le bonheur et la gloire dans la dernière ligne droite.

Construit autour d'une interview de 1991 donnée par Chavela à la réalisatrice Catherine Gund, et dans laquelle la septuagénaire avouait se trouver au plus creux de la vague après une séparation et une traversée du désert, le film, entrepris près de 25 ans plus tard, remonte le fil des années jusqu'à la naissance de Chavela au Costa Rica puis retrace dans une dernière partie flamboyante la renaissance de l'artiste grâce à son plus grand fan espagnol : un certain Pedro Almodovar.
Mais revenons aux origines… Chavela Vargas, née en 1919, ne fut pas une chanteuse de rancheras ordinaire. Non seulement elle a transformé le genre au cœur des années 40/50, en orientant cette musique plutôt festive vers de splendides complaintes déchirantes, autour des amours perdues, mais surtout Chavela devint très vite un personnage de légende à la réputation sulfureuse. Lesbienne assumée – même si elle ne le formula officiellement que dans les dernières années de sa vie –, elle imposa sur scène le poncho masculin, brisant le côté suranné et gentiment sexiste du genre. Elle se construisit une réputation digne des volcans de son pays qu'elle affectionnait : on lui a prêté de nombreuses histoires d'amour passionnées et ombrageuses avec des personnalités comme la célèbre artiste Frida Kahlo, l'actrice flamboyante Ava Gardner qui, comme d'autres vedettes hollywoodiennes, fréquentait assidûment Acapulco où se produisait Chavela, mais aussi des femmes de ministres s'accordant une parenthèse adultérine.

Chavela Vargas était aussi une femme ombrageuse, réputée pour porter le pistolet et ne pas hésiter à s'en servir, et engloutir des litres de tequila, ce qui faillit causer sa perte. Mais il faut reconnaître que la deuxième partie du film est la plus incroyable, quand deux jeunes créatrices de cabaret vont sortir Chavela Vargas de sa misère et de son alcoolisme pour la faire remonter à plus de 70 ans sur une scène de Mexico : c'est là que Pedro Almodovar, au faîte de sa gloire en pleine movida post franquiste et grand fan de ses disques, va la retrouver et organiser sa renaissance en Espagne puis sur de nombreuses scènes du monde. Il lui confiera la musique de plusieurs de ses films (Kika, La Fleur de mon Secret, En chair et en os, et surtout la célibrissime chanson de Talons aiguilles).