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LA COMMUNE LIBRE DU QUARTIER SAINT-PIERRE
Association loi 1901 : prochain rendez-vous des Talents du Quartier Saint-Pierre Mardi 5 Décembre, de 18h à 21h, place Camille Jullian.  Peuvent être exposants les professionnels du quartier (commerçants, artisans, professions libérales) mais aussi des particuliers qui sont porteurs d’une expert...

PRIX DÉCOUVERTE DES SPECTATEURS D'UTOPIA
Décerné à votre film préféré parmi les premiers films français de l’année 2017 A l’initiative des deux associations de quartier La Commune Libre du quartier Saint Pierre et Les Amis de l’Utopia, sera décerné le premier Prix Découverte des Spectateurs du cinéma Utopia  de Bordeaux. C’est donc à v...

Solidarité avec Jean-Jacques Rue
Collègue d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône et ci-devant chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, et son camarade poète et cinéaste franco-grec Yannis Youlountas Jean-Jacques Rue, c’est une figure d’Utopia : un nounours punk qui s’active dans les salles de Saint-Ouen l’Aumône. À Bordeaux, vous l’avez vu tou...

STOP LINKY
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions. Et si vous souhaitez rejoindre l...

PCA
 Paysans et Consommateurs Associés, Bordeaux-Vallée de l’IslePCA Chaque Mercredi de 19h à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres...

Jeudi 23 NOVEMBRE 2017 à 20h30

SOIRÉE-DÉBAT autour du film


Organisée par les associations Alliance 33 et Pallia Plus.
Projection suivie d'un débat avec May Antoun, médecin gériatre, Jean-Guillaume Lavielle, psychomotricien, et des bénévoles des deux associations.
Achetez vos places à l'avance, à partir du Dimanche 13 Novembre.

UNE JEUNE FILLE DE 90 ANS

Valeria BRUNI-TEDESCHI et Yann CORIDIAN - documentaire France 2016 1h15mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE JEUNE FILLE DE 90 ANSComme le prince charmant, Thierry Thieû Niang arrive dans le château endormi pour en réveiller les occupants… Chorégraphe enclin à franchir les frontières (il a souvent travaillé au théâtre, entre autres avec Patrice Chéreau), il anime deux journées à Ivry-sur-Seine dans le service de gériatrie de l’hôpital Charles-Foix. Valeria Bruni Tedeschi et Yann Coridian, les réalisateurs, Hélène Louvart, l’opératrice, le filment dansant devant et surtout avec les patients, souvent atteints d’une forme ou une autre de démence.

S’il ne s’agissait que de cela – voir des corps affaissés sur des fauteuils roulants reprendre conscience d’eux-mêmes, des regards éteints se rallumer, entendre des paroles enfouies remonter à la surface –, ce film aurait déjà trouvé sa raison d’être. Pour une fois, le regard porté sur la démence sénile ne suit pas le mouvement descendant de la perte de la mémoire puis de la conscience, mais part en prospection à la recherche de pépites – souvenirs, expressions, gestes –, que la seule présence du chorégraphe sort de leur gangue : les larmes d’une vieille dame d’origine asiatique, que l’on aurait crue catatonique, les bonnes histoires d’une autre, qui préservera jusqu’à son dernier mot un accent parisien en voie de disparition… Tout ce que la routine de l’internement, de la vie hospitalière tend à masquer est évident, par la grâce de la musique et de la danse.
Et, en plus, il y a Blanche, la jeune fille du titre. Elle a 90 ans, elle est belle et triste. Elle tombe amoureuse de Thierry Thieû Niang, d’un coup, absolument. Ce qui se passe entre l’homme au corps presque parfait et la femme qui n’est plus maîtresse de ses mouvements va au-delà de l’incident amusant, de l’histoire que se raconteront les soignants pendant des semaines. L’attachement que forme Blanche est violent, douloureux, comme n’importe quelle histoire d’amour.
Le chorégraphe est bouleversé, mais aussi – et la caméra le saisit parfaitement – un peu accablé par cette responsabilité, qui s’abat sur lui à l’improviste. Pour lui, Blanche sort de sa torpeur, de sa résignation. Son esprit altéré par la maladie retrouve des éclairs de lucidité qui semblent la porter aux nues avant de l’abattre dans une tristesse sans fond. Ce qui a commencé comme une promenade au fond des bois de la fin de vie devient une tragédie amoureuse, un peu comme si le roi Lear s’invitait chez Roméo et Juliette.

(Le Monde)