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Revoir la rencontre avec l'équipe du court métrage "Un peu Après minuit"
Nous vous proposons de revoir un moment d’échange chaleureux avec l’équipe du très prometteur court métrage UN PEU APRÈS MINUIT. Etaient présent sur l’estrade : la réalisatrice Anne-Marie PUGA, le réalisateur Jean-Raymond GARCIA, le comédien Rémi TAFFANEL, le compositeur Mathieu MÉGEMONT et l’an...

Les centres commerciaux : nouvelle bulle immobilière spéculative et projets climaticides…
Non à Val Tolosa ! Nous ne résistons pas à l’envie de vous communiquer cette excellente nouvelle provenant de nos amis d’Utopia Tournefeuille : le Conseil d’État a, en ce début d’année 2018, annulé le 2e permis de construire du méga-centre commercial imaginé pa...

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Vidéo en Pochedes films sur votre clé usb !5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale étant celle d’un DVD !  Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,  et de nombreuses TV et boitiers multimedia.  Vous pouvez consulter sur le site et à la ...

Le cinéma français pète la forme… paraît-il…
Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de tomber, relayé par le concert des médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets de cinéma vendus, soit à peine 4 milli...

Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 février
Après l’abandon du projet d’aéroport, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant. Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 févrierEnracinons l’avenir !Un bus partira de Bordeaux...

WONDER WHEEL

Écrit et réalisé par Woody ALLEN - USA 2017 1h41mn VOSTF -

Du 31/01/18 au 27/02/18

WONDER WHEELEt dire que certains pensent encore qu'il tourne toujours le même film ! Avec cette variation tragique à la théâtralité assumée qui évoque Tennessee Williams et Eugene O'Neill, Woody Allen prolonge les réflexions sur le hasard et le destin de ses récent opus – L'Homme irrationnel tout particulièrement – en plongeant quatre personnages dans un Coney Island sublimé par la lumière de l'incomparable Vittorio Storaro… Allen livre l'un de ses films les plus sombres, où la destinée attend au coin de la rue des personnages en quête de bonheur, bercés par de chimériques illusions. Il y offre à Kate Winslet, douze ans après le rendez-vous manqué de Match point (elle devait tenir le rôle finalement attribué à Scarlett Johansson), le sommet d'une carrière pourtant riche en performances marquantes.

Dans ce Wonder wheel, Allen tend constamment un miroir entre le vrai et le faux – entre un quotidien forcément décevant, frustrant, générateur d'amertume, et une projection de soi fictive, théâtralisée et sublimée par la dramaturgie. Ginny (Kate Winslet) en est la plus parfaite incarnation. Accablée par une vie mortifère dans laquelle elle ne trouve aucune satisfaction, elle arbore ses anciens costumes de scène et ses faux bijoux pour s'imaginer être toujours la comédienne qu'elle fut brièvement dans sa jeunesse. Plus grave encore, elle s'illusionne en entamant une relation amoureuse chimérique avec Mickey (Justin Timberlake)… Elle répète à qui veut l'entendre qu'elle « joue un rôle » en étant serveuse et se referme littéralement sur elle-même en se réfugiant derrière ses migraines qui oblitèrent le reste du monde…
Bien moins fragile psychologiquement, Carolina (Juno Temple) a, elle aussi, nourri des rêves d'ailleurs quand elle avait 20 ans. Elle a tourné le dos à la morne réalité qui s'imposait à elle et a choisi d'épouser un malfrat au petit pied qui lui a offert une vie luxueuse – et factice. Elle n'a pas tardé à déchanter et doit désormais se résoudre à vivre dans la clandestinité. Fuyant les hommes de main de son mari lancés à sa poursuite – elle a témoigné devant la justice –, elle finit par venir se réfugier chez son père qui avait juré de ne plus jamais la voir. C'est Humpty (Jim Belushi), le mari bedonnant et loser de Ginny, avec laquelle il a eu un fils, Richie (un gamin rouquin dans lequel on retrouve l'avatar enfantin de Woody Allen tel qu'on a pu le voir dans plusieurs de ses films).
À chaque fois, on le constate, les chimères mènent au désastre. Mais n'est-ce pas le matériau même de la fiction que guettent tous les écrivains ? Mickey, le maître nageur qui a l'ambition de devenir un grand auteur de théâtre, raconteur d'histoires en embuscade, est aussitôt fasciné par la trajectoire tragique de Ginny et davantage encore par le parcours follement audacieux de Carolina. À la fois personnage du film et narrateur omniscient s'adressant directement, face caméra, au spectateur pour commenter l'action, l'apprenti dramaturge, double du cinéaste, semble provoquer le hasard. Comme s'il voulait prouver que le temps de la fiction est plus captivant que le temps de la réalité. C'est ainsi qu'il « croise » à trois reprises Carolina et tombe à chaque fois un peu plus sous son charme…

Rarement chez Woody Allen le décor et la mise en scène auront autant participé à la théâtralité du propos. Le réalisateur circonscrit quasi exclusivement l'action à l'immense parc d'attractions de Coney Island, décor d'opérette à ciel ouvert, aux couleur acidulées. Tout ici respire l'artifice et esquisse un univers en trompe l'œil, où les visiteurs affluent justement pour fuir le réel. Mieux, l'appartement de Ginny et Humpty se présente comme une scène de théâtre en surplomb dont la grande roue (la wonder wheel du titre) en arrière-plan constitue le décor obsédant…

(d'après le texte de F. Garbarz dans Positif n°683)