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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

LA CAMÉRA DE CLAIRE

Écrit et réalisé par HONG Sang-soo - Corée du Sud 2017 1h08mn VOSTF - avec Isabelle Huppert, Kim Min-hee, Chang Mi-hee, Jung Jin-youn...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA CAMÉRA DE CLAIREIl y a des réalisateurs qui se montrent tellement prolifiques qu’on ne sait plus où donner de la tête, créant ainsi la sensation d’une vaste fête, d’un banquet où les profiteroles, le homard, la poule-au-pot, le Paris Brest, les flammekueches et les rillettes se redresseraient d’un bon et crieraient en chœur : « Mange-nous ! Mange-nous ! »
Hong Sang-soo appartient typiquement à cette catégorie de cinéastes prolifiques (lui serait plutôt du côté festin liquide : c'est le soju qui invite, « Bois-moi ! Bois-moi ! »). Et c’est sans doute cela qui fait sa force : la fureur de vivre, de créer, d’être inépuisable, à contre-courant des logiques du marché et de production des films, des limites du temps aussi. Car ça en fait, du temps consacré à Hong Sang-soo, pour voir tous ses films… Rien qu’en 2017, il en aura réalisé trois, histoire que personne ne reste sur sa faim, ni sur sa soif. C’est donc après Le Jour d’après en entrée et Seule sur la plage la nuit en plat de résistance que nous passons au dessert avec La Caméra de Claire.

Tourné en catimini au cours d'un festival de Cannes et de façon totalement improvisée, le film croise le chemin de Claire (Isabelle Huppert), professeure et photographe à ses heures perdues. Loin du tumulte festivalier, elle photographie les gens qui la touchent, aussi bien ceux qui errent sur la plage que ceux qui attendent l’addition dans les bistrots. Et c’est en montrant ses photos à un drôle de couple coréen rencontré sur son trajet aléatoire, un réalisateur et sa productrice, qu’un revirement de situation inattendu se produit : sur l’un des clichés apparaît Man-hee (Kim Min-hee), belle, mystérieuse, magnétique. Elle a été licenciée un peu plus tôt par ladite productrice, au motif de « malhonnêteté ». La scène était d’ailleurs burlesque à voir : ça tournait autour du pot sans jamais que le morceau soit craché, déconcertant Man-hee qui avait beau jeu de tirer les vers du nez de sa chef pour n’obtenir en retour que des justifications confuses et hallucinées. On comprendra plus tard que le véritable motif était la jalousie, la productrice étant persuadée que son assistante fricotait avec son réalisateur fétiche…
Dans le cinéma de Hong Sang-soo, tout n’est qu’une longue suite de quiproquos, plongeant les personnages dans un flou et un malaise qui finit par les rendre un peu idiots, tant ils n’y comprennent rien eux-mêmes et règlent leurs comptes bizarrement. Claire, au milieu de tout ça, joue le rôle d’une guérisseuse. Douce, sereine, elle est l’accalmie après la tempête. Elle le dit elle-même, à sa manière : lorsqu’elle photographie quelqu’un, il n’est plus tout à fait le même ; le fait d’être photographié modifie imperceptiblement le comportement. Par son regard, les issues se révèlent, l’apaisement s’instaure, la réparation commence. Comme si l’objectif de sa caméra était en fait un baume d’Arnica digital…

Comédie exquise où tout se tisse avec légèreté, révélant une toile subtile dont les intersections se dévoilent dans un jeu inédit de décalages et d’énigmes, La Caméra de Claire réussit l’exploit de présenter Cannes comme on n’a pas l’habitude de le connaître : des professionnels du cinéma bien loin du tapis rouge, qui déambulent dans des rues étriquées aux aspects de passages magiques perdus dans l’espace-temps et dont on ne soupçonnait pas même l'existence. Le tout avec beaucoup d’humour, le personnage d’Isabelle Huppert allant jusqu’à dire : « C’est ma première fois à Cannes ! »