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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

Dimanche 18 MARS 2018 à 20h45

LUNE NOIRE


Cinéma de genre, Exploitation, OFNI, auteurs borderline... Séance mensuelle du troisième type proposée par l’association Monoquini.

LETTRES D’UN HOMME MORT

(Pisma Mertvogo Tcheloveka) Konstantin LOPOUCHANSKI - URSS 1986 1h27mn VOSTF - avec Rolan Bykov, Vera Maïorova-Zemskaïa, Viktor Mikhaïlov... Scénario de Alexeï Guerman et Boris Strougatski. Grand prix au Festival de Manheim, 1986 - Prix du meilleur premier film au festival de Moscou, 1987.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LETTRES D’UN HOMME MORTÀ la suite d’un cataclysme nucléaire qui a totalement dévasté la Terre, un petit groupe de rescapés, réfugiés dans le sous-sol d’un musée, tente de survivre au jour le jour et de maintenir un semblant de société malgré leur destin irrévocable. Parmi eux, un scientifique, lauréat du prix Nobel, écrit des lettres à son fils qu’il espère en vie, livrant sous forme de journal intime ses réflexions sur la folie qui a conduit à la tragédie. À la surface, d’autres survivants errent dans les décombres balayés par les vents radioactifs, en quête de nourriture et de médicaments, objets d’un âpre marché noir.
Évoquant dans son magistral ouvrage De la destruction comme élément de l’histoire naturelle les raids massifs sur les populations civiles à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et l’anéantissement d’Hiroshima et Nagasaki, l’écrivain W.G. Sebald rappelle le principe fondamental de toute guerre, encore tristement à l’œuvre de nos jours : l’annihilation aussi complète que possible de l’ennemi, de ses habitations, de son histoire, de son environnement naturel. Le premier long métrage du réalisateur ukrainien Konstantin Lopouchanski est hanté par ces catastrophes passées, et celles à venir.

Élève d’Andreï Tarkovski à Leningrad et assistant de production sur Stalker (1979), Lopouchanski s’est imposé dans le cinéma russe comme l’un de ses disciples les plus prometteurs, revendiquant l’influence du Maître dans la poursuite de son travail réflexif, dans la composition méticuleuse de ses plans, de par le traitement photochimique de l’image rendue intemporelle, et jusque dans la collaboration avec Boris Strougatski au scénario (rappelons que les frères Boris et Arcadi Strougatski, éminents écrivains de science-fiction, sont les auteurs de Pique nique au bord du chemin dont Stalker est l’adaptation). Achevant son film peu de temps avant l’accident de Tchernobyl, il lui confère une dimension prophétique où l’effondrement du système soviétique n’est plus une simple métaphore mais un événement historique bien réel.
Ce récit post-apocalyptique, oscillant entre un réalisme glaçant et des visions dantesques lavées de leurs couleurs, comme irradiées, est une expérience éprouvante mais inoubliable. La « zone » dépeinte par Tarkovski n’est plus ce territoire de révélation métaphysique. Elle n’est plus ici qu’un champ de ruines parsemé de cadavres, conséquence d’un assaut nucléaire que La Bombe de Peter Watkins et Threads de Mick Jackson avaient déjà méthodiquement décrit sous un angle quasi documentaire. La lumière vacillante d’une ampoule péniblement alimentée par une dynamo, éclairant un groupe humain qui médite sur son extinction prochaine au milieu de fragments archéologiques, semble marquer le crépuscule de la civilisation. Avec une austérité de moyens, le réalisateur parvient à restituer l’ampleur du cataclysme en recentrant son récit dans le huis-clos oppressant d’un bunker et sur l’angoisse existentielle de ses personnages, autour desquels règne une dévastation rarement vue sur un écran de cinéma.

Le pessimisme de Lopouchanski, dont la plupart des films relatent l’angoisse d’une apocalypse nucléaire, est tempéré par la perspective d’un renouveau possible, dans la grande tradition dostoïevskienne. Une fragile lueur d’espoir, incarnée par quelques enfants qui ont échappé à la barbarie. En dépit de la réalité de la destruction totale qui échappe à la compréhension tant elle parait hors norme, persévérer reste le moyen « le plus naturel et le plus sûr de raison garder ».

lunenoire.org/

Également le Samedi 17 Mars à 16h30 — Auditorium Jean-Jacques Bel, Bibliothèque Mériadeck : La SF soviétique — entre rêves utopiques et cauchemars totalitaires, conférence de Natacha Vas-Deyres — spécialiste des littératures de l’imaginaire — entrée libre.