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CITOYENS AMÉRICAINS DE BORDEAUX MÉTROPOLE
Les élections de mi-mandat, en novembre 2018, seront cruciales, inscrivez-vous sur les listes électorales ! (le renouvellement n’est pas automatique)Sur internet : VOTE FROM ABROAD  (site non partisan)En personne : au bureau d’inscription ouvertle Samedi 21 Avril de 14h à 18h dans le hall du cin...

Les Marronniers de Gambetta
Ne laissons pas couper pas les marronniers de la place Gambetta à Bordeaux !(Ci-dessous le contenu de la pétition adressée à Monsieur le Maire de Bordeaux, Alain Juppé. Et si vous n’avez pas internet, vous pouvez recopier ce texte, le dater, le signer et l’adresser à Monsieur Alain Juppé, maire ...

Revoir la rencontre avec F.J. Ossang pour 9 DOIGTS
Mardi 19 décembre 2017, F.J. Ossang venait nous présenter en avant-première son nouveau film “9 Doigts”. A l’occasion de la sortie de son film sur nos écrans quelques mois après, nous vous proposons de revoir cet échange avec cet artiste hors norme, accompagné de ses acteurs Damien Bonnard et Al...

Stop linky
Samedi 5 mai dans toute la France Rassemblement de tous les collectifs anti-linky !Pour Bordeaux Métropole, à l’heure où nous bouclons cette gazette les membres du collectif Stop Bordeaux Métropole n’ont pas encore décidé du lieu et de l’horaire. Mais la date est bonne : ...

Commémorer n'est pas célébrer…
Se rappeler des « moments lumineux » certes, mais aussi « braquer quelque lumière sur les périodes les plus sombres »… répondent de sages personnes à ceux qui s’obsèdent à préserver le petit peuple des mauvaise influences susceptibles de lui polluer le mental…En fait de mom...

TRANSIT

Écrit et réalisé par Christian PETZOLD - Allemagne / France 2018 1h41mn VOSTF - avec Franz Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese, Lilien Batman, Maryam Zaree, Sebastian Hülk... D'après le roman d'Anna Seghers.

Du 25/04/18 au 22/05/18

TRANSITNi reconstitution, ni transposition : c’est la brillante idée, le coup de génie, qui rend si intrigante cette adaptation du roman d’Anna Seghers, publié en 1944 et largement inspiré de sa propre expérience. L’histoire d’Allemands – résistants, artistes, opposants – fuyant le nazisme, bloqués à Marseille en attente d’un embarquement possible pour les Amériques. Christian Petzold choisit délibérément de déplacer cette trame dans l’époque actuelle sans pour autant changer quoi que ce soit de la temporalité du récit. La situation des personnages est celle des années 1940, mais le monde autour d’eux est celui d’aujourd’hui. Ce parti-pris étonnant, le film l’établit d’emblée, si bien que le spectateur accepte sans effort que deux périodes se superposent ainsi. L’histoire tirée du roman d’Anna Seghers est une fresque vibrante sur l’exil, doublée d’une romance vécue par deux êtres en transit vers des destinées qu’ils savent séparées. Mais disposée sur une toile de fond actuelle, l’histoire de ces migrants d’un autre temps crée un effet miroir saisissant sur les problématiques de notre époque. Et voilà le trouble semé… De quel ère, au juste, ces Européens pourchassés au sein leur propre territoire sont-ils en fuite ? Faut-il voir en eux des fantômes du passé venus nous alerter des dangers de nos sociétés contemporaines ? Et qu’ont-ils à nous dire de ce qu’est la liberté, l’amour et l’espoir en temps de clandestinité ?

Au comptoir d’un café parisien, l’Allemand Georg retrouve un de ses compagnons de fuite. Celui-ci lui intime de partir : les fascistes ratissent la ville, la situation est devenue trop dangereuse. Il offre à Georg une place pour Cassis contre un petit service : remettre en mains propres deux lettres à Weidel, un célèbre écrivain résistant. La première est de sa femme qui dit l’attendre en zone libre à Marseille ; l’autre est signée du consul du Mexique qui accepte sa demande d'asile. Mais Georg arrive trop tard : Weidel a mis fin à ses jours dans sa chambre d'hôtel. Il parvient à s’emparer du passeport ainsi que d’un manuscrit de l’écrivain et quitte précipitamment Paris.
Arrivé à Marseille, Georg se fait passer pour Weidel afin d’obtenir les papiers promis par le consul du Mexique.
En attente de son visa de transit, il erre dans la ville, fréquente les halls d’administrations bondés de réfugiés, se plonge dans le roman inachevé de Weidel… C’est alors qu’il fait la rencontre de la mystérieuse Marie, l’épouse de Weidel, qui ignore tout du suicide de son mari. Hésitant à lui annoncer la vérité, Georg se prend à son propre jeu et éprouve de plus en plus de sentiments pour elle.

Christian Petzold – dont on se souvient notamment du splendide Barbara – poursuit ici sa réflexion sur l’histoire européenne en embrassant toute l’envergure romanesque et politique de ce récit palpitant. Le film évite soigneusement les analogies simplistes entre l’Occupation et l’actualité. Petzold creuse au contraire une zone atemporelle où les époques résonnent l’une dans l’autre sans jamais s’emboîter. Les itinéraires de Georg et de Marie révèlent à eux seuls la tragédie de ceux frappés par l’exil. Elle, à la recherche désespérée de son amour, incapable de quitter le territoire en tournant le dos au passé. Lui, essayant d’entraîner Marie, en quête d’un horizon désirable pour partir. Dans un Marseille caniculaire, acculés devant la Méditerranée, ils apparaissent comme des amants prisonniers d’un espace-temps immobile. Figés, comme le film, entre présent et passé.