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MADAME FANG

Film documentaire de WANG BING - Chine 2017 1h27mn VOSTF - FESTIVAL DE LOCARNO 2017 : LÉOPARD D'OR.

Du 13/06/18 au 03/07/18

MADAME FANGDepuis le début des années 2000 et le phénoménal À l'ouest des rails, le documentariste chinois Wang Bing est en train de bâtir une œuvre de tout premier ordre sur le long terme. De format court en format très long, de vaste peinture en portrait intimiste, le geste ne cesse de se prolonger, sans que soient altérées ni sa radicalité, ni sa puissance, ni sa beauté, pour aboutir sans doute à la création d’une véritable fresque humaine. Madame Fang est un nouveau jalon sur cette route sinueuse et sombre, mais éclairée de multiples petites flammes, que représente le cinéma de Wang Bing.
Madame Fang, approchant les 70 ans, vit ses derniers jours dans la province du Fujian, dans le sud-est de la Chine. Alitée jour et nuit, dans l’incapacité de communiquer, elle est entourée de toute sa famille dans sa modeste maison de Huzhou. Wang Bing est là, dans ces ultimes moments, pour filmer une femme qui nous quitte et en même temps les vies adjacentes qui continuent, comme par propagation d’ondes. Il observe attentivement une dame qui agonise, clouée dans son lit, ne pouvant effectuer que de rares mouvements et laissant par la force des choses ses proches (et le spectateur) s’interroger sur son degré de conscience. À plusieurs reprises, le cinéaste se rapproche jusqu’à cadrer en long et gros plan ce visage émacié, ce regard opaque et cette bouche continûment ouverte. La mort au travail ? Inversons plutôt : la vie qui persiste.

Sujet délicat et éprouvant que celui de la fin de l’existence, surtout lorsqu’il est traité de manière aussi frontale. Deux ombres peuvent parfois se dresser dans ces occasions, nommées complaisance et voyeurisme. Mais ici, d’une part, la caméra traque une vérité respectueuse et se refuse à être outil de provocation du sensationnel. Elle sert à enregistrer une réalité difficile à regarder en face mais jamais dégradante pour la personne filmée. D’autre part, la mort elle-même n’est pas filmée. Il n’y a pas d’image de la défunte une fois le terme atteint (mais il y a cette idée magnifique des membres de la famille filmés de dos et masquant le corps). Wang Bing guette donc moins l’arrivée de la mort qu’il ne piste les signes de vie.
Madame Fang est au centre de l’attention de ses proches et par bribes, on en apprend un peu sur eux et sur le passé de la dame. Par ailleurs, comme dans tout grand documentaire, les relations entre les gens sont traduites par la gestion de l’espace. Les plans serrés sur Madame Fang alternent avec ceux, larges, sur le lit et l’assemblée autour, dans une pièce toute en longueur et perspectives. Entre ses plans à la durée étalée, Wang Bing opère des changements d’axe limpides et donne à saisir l’organisation de la maison, puis de la rue, puis du quartier.
Partant du centre, donc, on peut suivre deux ou trois protagonistes partir à la pêche électrique en eaux suspectes ou s’arrêter boire un verre sur le trottoir avec les voisins. On les suit en passant des portes. Or la marche ou la course des gens, les franchissements des seuils ou des couloirs, rendus dans l’extrême longueur des plans sont parmi les choses les plus fascinantes chez Wang Bing (sans que la mise en scène leste ces mouvements d’une signification précise, qui serait trop pesante)…

Madame Fang est un documentaire tissé de fils précaires : une vie tenant à un souffle, une lumière zébrant l’obscurité, une couverture préservant du froid. Le cinéma de Wang Bing est parsemé de ces motifs fragiles, simples mais déterminants. Souvent, ils sont à l’origine d’images à la beauté saisissante… Mais il faut être prêt à suivre le chemin que nous ouvre Wang Bing, exigeant, usant parfois… (E. Sivière, fiches du cinéma.com)