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SOS MÉDITERRANÉE
Vendredi 22 juin à 20h au théâtre Le Levain à Bègles, Soirée littéraireRencontre entre deux auteurs :  Allain Glykos (auteur de Manolis) et Franck Pavloff (auteur de Matin brun) pour des regards croisés à partir de leurs derniers ouvrages : le roman  La nuit des enfants qui dansent de Pavloff, a...

Le Tour Alternatiba est de retour en 2018
Du 9 juin au 6 octobre 2018, le Tour Alternatiba (tour.alternatiba.eu) s’élancera sur des vélos multiplaces pour un périple de 5800 kilomètres parcourant 200 territoires en France et dans les pays frontaliers, afin de diffuser partout un message porteur d’espoir : oui, les alternatives existent,...

PCA - Paysans et Consommateurs Associés
PCA PCA une amap* à partAccueille tous les mercredis soirs Y compris pendant les vacancesSes produits de saines semencesA presque 15 ans d’expérienceNichée salle de la cheminéeSe trouve à l’Utopia cinéEntre 19 et 20h30Tu verras une amap rianteC‘est ici qu’on trouve des painsOuvragés dans un vrai...

STOP LINKY
Pour discuter, être informer sur le refus du linky et sur les procédures judiciaires        Réunion avec le collectif Stop linky Bordeaux Métropole stoplinky.bordeauxmetropole@gmail.comle Samedi 2 juin à 10h30 salle de la cheminée au cinéma UtopiaCi-dessous les nouveaux collectifs en Gironde. An...

POROROCA, PAS UN JOUR NE PASSE

Écrit et réalisé par Constantin POPESCU - Roumanie 2017 2h30mn VOSTF - avec Bogdan Dumitrache, Iulia Lumânare, Costin Dogioiu, Stefan Raus, Adela Marghidan...

Du 13/06/18 au 03/07/18

POROROCA, PAS UN JOUR NE PASSE« Le Pororoca est un phénomène de mascaret, avec des vagues pouvant atteindre les 4 mètres de haut, qui parcourt 800 km sur le fleuve Amazone et ses affluents. Son nom provient du dialecte Tupi-Guarani, signifiant “le grand rugissement” ou “ce qui détruit tout sur son passage avec grand fracas” ».
Sachant cela, on peut se dire que c'est un drôle de titre pour un film roumain se déroulant à quelques dix mille kilomètres de l'embouchure de l'Amazone, dans un quartier sans histoire de Bucarest. Et pourtant il traduit à la fois l'intensité du drame qui va s'abattre sur la famille de Tudor et l'effet saisissant que le film va produire sur nous, spectateurs, plongés dans une atmosphère aussi oppressante que celle vécue par ses personnages. Thriller en apesanteur, Pororoca impressionne, bouleverse, donne le frisson. C'est le plus grand film roumain que l'on ait vu depuis le Baccalauréat de Cristian Mungiu !

Tudor et Cristina, la trentaine épanouie, vivent dans un bel appartement de la capitale roumaine avec leurs deux enfants, Ilie (7 ans) et Maria (5 ans). Tudor travaille dans une entreprise de téléphonie, Cristina est comptable. Leur vie, rythmée par la famille, le boulot, les amis, ronronne agréablement, on peut appeler ça le bonheur tranquille. Même si on sent naître une certaine tension entre les deux époux lorsque Cristina reçoit des appels téléphoniques d'un client lourdaud qui la poursuit de ses assiduités. Elle dit que ça n'a aucune importance, il fait comme s'il prenait la chose à la légère et la vie continue. Mais on ne peut pas s'empêcher de penser que c'est un peu moins anodin que ça, qu'il y a comme une fêlure qui attaque le bel édifice de l'harmonie conjugale.
Au cœur de l'été, Tudor a coutume d'emmener son fils et sa fille au parc voisin, où ils jouent avec leurs copains. Aussitôt arrivés sur l’aire de jeux, Tudor s’assoit sur un banc pour passer quelques coups de téléphone. Lorsque son attention revient pleinement à ses enfants, Maria n’est plus là. Désespéré, il part à sa recherche dans tout le parc, mais doit finir par se rendre à l’évidence : sa fille a disparu sans laisser de traces… Décrits par nos pauvres mots, l'épisode relève du fait divers banal. Il prend une tout autre dimension à travers la mise en scène de Constantin Popescu, qui le filme au fil d'une longue scène magistrale, démarrant par un plan fixe auquel succède un plan séquence vertigineux dans sa fausse immobilité, son vide trompeur : on peut avoir l'impression que rien ne se passe alors que c'est ici que tout bascule.

À partir de ce point nodal, c'est ce drame du deuil impossible, ce cauchemar, le pire que puissent concevoir des parents, que raconte Constantin Popescu, en collant au plus près de ses personnages, dans une mise en scène à la fois élégante, sèche, précise, tendue comme celle d'un film à suspense. Plus précisément, il documente la lente dislocation du couple et de la cellule familiale, insidieuse, à laquelle tentent, avec de moins en moins de vigueur, de résister les parents défaits. Irrémédiablement, les chemins de Tudor et Cristina divergent, marqués par la culpabilité, le désespoir et l'impuissance. Très fort !