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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

A BRIGHTER SUMMER DAY

Edward YANG - Taiwan 1991 3h56mn VOSTF - avec Chen Chang, Lisa Yang, Kuo-chu Chang, Elaine Jin... Scénario de Hung Hung, Ming-tang Lai, Edward Yang et Alex Yang. VERSION INTÉGRALE INÉDITE.

Du 31/08/18 au 01/10/18

A BRIGHTER SUMMER DAYSplendide, l'œuvre du cinéaste taiwanais Edward Yang a été interrompue subitement après sept films par la disparition du cinéaste en 2007, des suites d’un cancer. En dehors de son ultime film, Yi-Yi (Prix de la mise en scène en 2000 au Festival de Cannes), elle reste globalement méconnue et peu montrée en France… Nous avons tout de même pu découvrir au printemps 2017 Taipei Story (1985), portrait désenchanté de la capitale, et voici aujourd'hui l'extraordinaire A brighter summer day (1991), montré pour la première fois dans son intégralité – le film étant sorti en 1992 dans une version tronquée d’une heure. Ce quatrième long-métrage est l’un des chefs-d’œuvre de Yang : une magnifique fresque intime et adolescente dans le Taïwan des années 1960, inspirée d’un fait divers survenu dans le lycée du cinéaste quand il avait 14 ans.

Xiao Si’r, le cadet d’une famille lettrée de Shanghai exilée à Taipei après l’accession de Mao Zedong au pouvoir, suit les cours du soir d’un lycée mal fréquenté, dont son père aimerait bien l’extraire. Le garçon gravite en effet, avec quelques copains de sa classe, parmi les bandes rivales qui s’affrontent régulièrement dans les rues, constituées principalement de jeunes immigrés en mal de repères.
Fasciné par la figure d’un chef de bande absent, car déserteur, Xiao Si’r décide de protéger Ming, la petite amie de celui-ci, mais tombe amoureux d’elle. Entre les bals où l’on reprend (phonétiquement) les chansons d’Elvis Presley, les matches de basket-ball et les virées en douce dans les studios de cinéma voisins, l’adolescent traverse un été dont le calme langoureux n’est jamais que l’envers d’une violence latente, contenue et toujours susceptible de ressurgir.
A brighter summer day est sculpté dans la matière même du souvenir. Autour du jeune héros se meuvent un nombre considérable de personnages, qui donnent au film son impressionnante densité romanesque. Le récit consiste ainsi à tisser la trame complexe des relations qui nouent Xiao Si’r à son environnement, partagé entre plusieurs cercles, plusieurs mondes concomitants, qui ne se recoupent pas forcément : la famille, le lycée, la bande, le billard, le terrain de sport, les filles, etc.

Mais le plus frappant reste la façon dont le film relie sans cesse l’anecdote personnelle aux mouvements profonds de l’histoire démographique de Taïwan, comme si l’une n’était que la face visible de l’autre. Car l’île est un espace sédimenté par la succession des influences extérieures : invasions, colonisations, flux migratoires, occupation militaire. Ainsi la famille de Xiao Si’r, fraîchement débarquée de Chine continentale, tente de conserver ses coutumes, tandis que les maisons regorgent encore de vestiges de l’occupation japonaise (sabres et épées) et que les troupes américaines, en stationnement diffusent le rock’n’roll dans la population. De même, l’arrestation du père de Xiao Si’r, soumis à un interrogatoire musclé, rappelle la paranoïa anticommuniste des autorités taïwanaises…
Baigné de clairs-obscurs, brassant en plans larges de vastes pans de réalité humaine, le film se déploie sur près de quatre heures, sans jamais prêter le flanc aux pesanteurs de la reconstitution – les années 1960 n’ont jamais paru aussi présentes. Dans un mélange inouï de douceur et de violence, de sérénité et de sécheresse, Edward Yang brosse une chronique de la jeunesse déracinée et évoque en même temps l’ineffable inconstance des choses. En quête de modèles, Xiao Si’r s’aperçoit que tout, autour de lui, est mouvant et incertain…

(M. Macheret, Le Monde)