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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

Vendredi 12 Octobre à 11h

CARTE BLANCHE À KLEBER MENDONÇA FILHO dans le cadre du FIFIB 2018


Figure de proue du cinéma brésilien, plus précisément de la région de Recife, réalisateur de deux longs métrages imposants (Les Bruits de Recife, Aquarius), Kleber Mendonça Filho nous fait l’honneur de programmer quatre films. C’est encore lui, cinéaste et cinéphile, mais aussi critique et programmateur de festival, qui parle le mieux de cette carte blanche.
Kleber Mendonça Filho sera présent à chacune des quatre projections

INTERVENTION DIVINE

Ecrit et réalisé par Elia SULEIMAN - Palestine 2002 1h32mn VOSTF - avec Elia Suleiman, Manal Khader, Nayef Fahoum Daher... PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2002.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

INTERVENTION DIVINEEn avant-programme :
ELECTRODOMESTICA, court métrage écrit et réalisé par Kleber Mendonça Filho
(Brésil, 2006, 22 mn, VOSTF)


« Je suis fou parce que je t’aime »... dit le héros de ce film en guerre, qui pourrait aussi bien englober dans sa déclaration enflammée sa fiancée, son père sa mère, sa patrie, la Palestine et pourquoi pas... Israël... Vous avez compris, ce film-là n’est pas tiède, ce film-là est violent, mais d’une violence toute particulière : on peut y exploser à tout moment de rire, mais on réalise vite que ce rire vous laisse plus sûrement des bleus à l’âme que n’importe quel uppercut. Suleiman le pacifiste se bat avec une férocité terrible, mais ses armes sont celles de l’esprit, de l’humour, du burlesque, de l’intelligence, de la poésie. Suleiman déclare la guerre à tous les fascismes du monde, mais n’oublie pas une seconde qu’il est Palestinien jusqu’au trognon, et sous l’humour pointent les ravages d’un désespoir qui n’est pas près de s’apaiser !... Suleiman n’est pas un calme, même si son visage a la placidité de celui de Buster Keaton. Suleiman est un utopiste d’une lucidité fracassante. Suleiman est un fou d’une sagesse extraordinaire.
Deux amants s’aimaient d’amour tendre... Elle est Palestinienne et vit à Ramallah, il est Palestinien et vit à Jérusalem. La situation étant ce qu’elle est, aucun des deux ne peut franchir le poste de contrôle israélien, et leur seule possibilité de rencontre est le parking juste à côté du check point. L’homme (Elia Suleiman lui même) évolue entre son père malade dans un Nazareth en folie, et cet amour inconfortable. Vie impossible, frustrations permanentes... Le désir de plus en plus furieux et complice des amants va engendrer des événements d’une apocalyptique drôlerie, une revanche fantasmée à la virtuosité étourdissante...
On ne vous en dira pas plus : je ne vous parlerai pas des ravages que peut faire un noyau d’abricot, ni des époustouflants effets spéciaux, ni de la ninja palestinienne, ni du ballon à l’effigie d’Arafat... Il est impensable de raconter un film aussi furieusement original, tellement son comique, très visuel, réside dans l’articulation de chaque situation, dans leur décalage, leur rythme. Suleiman nous fait rire aux larmes, mais son film est comme ces bonbons au poivre : doux et drôle sur l’instant, il n’en finit pas de vous agacer les papilles.
« J’espère qu’aimer un film comme celui-ci peut amener chacun à rechercher la petite part de fascisme qu’il porte en lui-même, et pas seulement à dénoncer le fascisme israélien, aujourd’hui si évident que c’en est obscène de le dire. » déclare Suleiman qui a tourné son film dans des conditions pour le moins chaotiques.