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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

LE TESTAMENT DU DOCTEUR MABUSE

(DAS TESTAMENT VON DOKTOR MABUSE) Fritz LANG - Allemagne 1932 2h01mn VOSTF - avec Otto Wernicke, Gustav Diessl, Rudolph Klein-Rogge... VERSION INTEGRALE RECONSTITUEE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE TESTAMENT DU DOCTEUR MABUSEDans l'Allemagne des années 30 règnent le chômage et la misère. L'inspecteur Hofmeister, visiblement très agité, tente de prévenir le commissaire Lohmann d'un danger imminent. Lorsque ce dernier le retrouve, Hofmeister est au comble de la terreur. A peine a-t-il eu le temps de tracer sur une vitre des signes d'apparence cabalistique qui, une fois déchiffrés, donnent un nom : « Mabuse ». Celui-ci, un célèbre criminel, est enfermé depuis plusieurs années dans un asile psychiatrique… d'où il dirige son organisation de malfaiteurs, qui met en œuvre son plan (forcément) diabolique pour mettre à bas la société et précipiter l'avènement d'un ordre nouveau. Un jeune homme de main repenti (forcément) héroïque découvre la machination et, après bien des péripéties, rebondissements, poursuites et violences diverses, Mabuse le fou sera vaincu. Vaincu ? Est-ce bien sûr ? Même la mort n'arrête pas la propagation du mal…
D'un personnage de roman-feuilleton créé par le français Norbert Jacques, Fritz Lang fait un héros hors-norme, plus qu'inquiétant, le mal personnifié. Avec l'imagination et le sens dramatique qu'on lui connaît (souvenons-nous de Metropolis ou de M. Le Maudit), il crée un univers halluciné, cauchemardesque où s'ébattent des créatures en proie à leurs passions. Après avoir conté en 1922 les premiers méfaits du Docteur qui l'ont conduit en prison, Fritz Lang retrouve son anti-héros à la fois libéré de toute contrainte physique (même enfermé, personne ne lui résiste) et en phase avec un moment politique et social de son point de vue idéal.

Pur film d'action de bout en bout jubilatoire, le film a été considéré comme un apologue anti-nazi, et le Docteur Mabuse comme une transposition à l'écran de Hitler lui-même. Lang a conforté cette interprétation. Il écrit en 1943, à la projection du film à New-York : « Ce film a été réalisé comme une allégorie, pour montrer les procédés terroristes d'Hitler. Slogans et doctrines du troisième Reich ont été placés dans la bouche des criminels. J'espérais ainsi exposer la théorie secrète du nazisme sur la nécessité de détruire systématiquement tout ce qu'un peuple a de plus cher. Jusqu'à ce que les gens, en proie au désespoir, essaient de s'en tirer par l'ordre nouveau »… Cet aspect anti-nazi étant contesté par d'autres, qui rappellent l'engagement dans le parti Nazi de la scénariste du film, Théa von Harbou, également compagne de Fritz Lang à l'époque. La légende veut qu'après avoir vu le film, les nazis aient proposé au réalisateur la direction du cinéma Allemand – provoquant sa fuite immédiate, rocambolesque, dans la nuit, à travers l'Europe vacillante, jusqu'aux États Unis. Il n'en reste pas moins que le parallèle reste frappant et que, dans ses clichés, le nazisme recoupe les constantes de la folie criminelle organisée…

Film fascinant, film inclassable, ce Testament… ne se laisse donc pas si facilement domestiquer… quoi qu'il en soit, hors toute controverse, il semble à ce point parfait qu'on serait bien en peine de dire, en toute sincérité, ce que le cinéma, en dehors de ses mutations technologiques, a bien pu inventer de réellement neuf au cours des 87 ans qui ont suivi sa réalisation. Au sommet d'un art pourtant jeune (le cinéma n'est parlant que depuis 4 ans, on est loin du théâtre filmé alors en vogue), Lang nous offre un film étonnant, remuant, avec des séquences d'action pure qui sont toujours aussi efficaces et des trouvailles de mise en scène époustouflantes – qu'on ne se lasse jamais de redécouvrir et de faire découvrir…