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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
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Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

BUÑUEL APRÈS L’ÂGE D’OR

(Buñuel en el laberinto de las tortugas) Salvador SIMO - film d'animation Espagne 2018 1h20mn VOSTF - Scénario d'Eligio R. Montero et Salvador Simo, d'après Fermin Solis. FILM D'ANIMATION POUR ADULTES.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BUÑUEL APRÈS L’ÂGE D’ORVoilà un film étonnant qui évoque bien sûr la figure et l'œuvre de l'immense cinéaste que fut Luis Buñuel. Il enchantera à ce titre les cinéphiles, mais peut aussi séduire, par ses qualités narratives et graphiques, tous les amateurs d'animation. Les spectateurs qui connaissent et apprécient le réalisateur découvriront un épisode méconnu de la vie et de l'œuvre de Luis Buñuel. Les néophytes découvriront un auteur singulier, un aventurier de la caméra qui marquera, dans les décennies suivantes, l'histoire du cinéma et de l'art en général.
Le film offre aussi un instantané révélateur de l'Espagne pré-franquiste : quand il débute, nous sommes au tout début des années 30, non pas en Espagne mais à Paris, où le jeune Luis Buñuel, à peine trentenaire, vient de faire scandale avec son film L'Âge d'or, un an après avoir déjà vigoureusement secoué le cocotier avec Le Chien andalou, film manifeste du surréalisme. C'est d'ailleurs avec ses compagnons André Breton, Man Ray, Louis Aragon, Max Ernst, Jacques Prévert, Paul Eluard et quelques autres que le cinéaste fête la projection. Mais le film provoque des réactions tellement violentes que Buñuel est victime de la censure, subit des attaques physiques des cagoulards et autres nervis d'extrême droite, et se trouve de facto empêché de développer en France un nouveau projet.

C'est à ce moment-là qu'il est contacté par un ethnologue pour s'intéresser au sort des paysans d'une des régions les plus pauvres d'Espagne, les Hurdes, en Estrémadure, région montagneuse et désertique non loin de la frontière méridionale avec le Portugal. Convaincu par Ramon, son ami d'enfance anarchiste, qui met à sa disposition le gain miraculeux d'un billet de loterie, Buñuel, qui n'a pourtant rien d'un documentariste et qui est à vingt mille lieues du naturalisme, va faire le voyage et aller à la rencontre de ces gens dont les réalités quotidiennes sont extrêmement dures : les habitants vivent aux côtés des animaux dans une hygiène déplorable, la mortalité infantile est endémique dans des villages qui n'ont pas accès aux médicaments, les paysans, souvent apiculteurs également, peuvent mourir à tout instant le long des sentiers escarpés… Et cette expérience va marquer durablement Buñuel dans son engagement politique, tandis que Las Hurdes (Terre sans pain en français) va marquer l'histoire du documentaire, en même temps que d'autres films tout aussi magnifiques tournés à la même époque, comme, pour n'en citer qu'un, Misère au Borinage de Joris Ivens.
L'animation, dynamique, colorée, restitue magnifiquement cette aventure d'amitié, d'engagement, de cinéma, tout en intégrant de véritables images – en noir et blanc donc – du documentaire réalisé par Buñuel. Le film ne fait pas l'impasse sur ce qu'on pourrait considérer comme des dérives du cinéaste, qui franchit allègrement les frontières entre document et fiction et n'hésite pas à reconstituer certaines scènes particulièrement représentatives de la dureté de la vie des paysans, comme l'enterrement d'un enfant ou la mort d'un âne dévoré par les piqûres d'abeille. Et en même temps, on voit bien que Buñuel ne le fait pas pour tricher mais pour mieux exprimer – metteur en scène visionnaire qu'il est – la réalité dans toute son horreur et rendre ainsi un magnifique hommage au courage des paysans.

Le film de Buñuel, probablement trop dur au regard de la jeune république espagnole de 1933 - 1935, sera censuré par le gouvernement, avant d'être libéré par le Front Populaire en 1936. Quant à Ramon, le grand ami anarchiste, il sera exécuté quelques années plus tard par les franquistes. Il faudra attendre plus de 30 ans pour que Las Hurdes soit projeté de nouveau, et Buñuel reversera les recettes à la famille de Ramon.