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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

DUMBO

Tim Burton - USA 2018 1h52mn - avec Colin Farrell, Danny DeVito, Michael Keaton, Eva Green, Alan Arkin, Nico Parker, Finley Hobbins... Scénario d'Erhen Kruger, d'après le roman de Helen Aberson. EN VERSION FRANÇAISE, À VOIR EN FAMILLE
ENFANTS À PARTIR DE 6/7 ANS

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DUMBODumbo nous réconcilie avec Tim Burton, idole d’il y a trente ans qu’on pensait en roue libre, ayant épuisé son inspiration, vidé de sa fameuse galerie aux monstres nichée quelque part sous ses cheveux en pétard…
De fait il n’y avait rien de glorieux, a priori, à signer pour le remake en prises de vues réelles (plus deux éléphants, mère et fils, en effets 100 % numériques) d’un classique de Disney. Le studio n’en finit pas d’exploiter son catalogue façon Picsou, le cinéaste en a déjà fait les frais, commettant, en 2010, un peu regardable Alice au pays des merveilles. Mais, comme le dit la fable de l’éléphant volant, il suffit peut-être de croire en soi – avec ou sans plume magique – pour être, à nouveau, le meilleur.

Le scénario replace l’action au lendemain de la guerre de 14. Dans le cirque provincial de Max Medici (Danny DeVito, impérial), un petit éléphant né avec de trop grandes oreilles est confié à la garde d’un ex-cow-boy star (Colin Farrell), revenu d’Europe avec un bras en moins, incapable de reprendre son numéro de voltige à cheval. Mais ce sont ses enfants, et surtout la petite Milly, qui croient au pouvoir singulier du bébé pachyderme. Entraînement, échec et moqueries, tristesse infinie d’être séparé de sa mère, la célèbre Madame Jumbo (achetée à un patron de cirque allemand). Le terrain est connu pour les fans du dessin animé de 1941, auquel Tim Burton fait référence de façon exemplaire : reprise ou citation des morceaux musicaux, y compris la géniale suite psychédélique Pink elephants on parade, clins d’œil subtils, une cigogne ici, un corbeau là.
Quand l’éléphant volant attise la concupiscence d’un magnat du spectacle qui veut y jucher son écuyère fétiche (Eva Green, parfaite), le film, de charmant, devient irrésistible. Rachetés, les circassiens sont transportés dans un parc d’attractions rétrofuturiste, un Disneyland géant des années 1920. Les artistes les plus atypiques du cirque Medici sauveront-ils Dumbo et ses amis ? Car l’entrepreneur est un dangereux mégalo, et Michael Keaton, ex-Beetlejuice pour Burton, le joue avec une verve malicieuse qui emmène le récit vers la satire. Le ton, toujours juste, est une grande réussite : poétique sans mièvrerie, puis ironique avec le sourire.

Dans l’éloge du cirque artisanal, famille d’éclopés de la normalité à laquelle Burton pourrait appartenir, on s’amuse à lire, aussi, une critique des blockbusters actuels : pas besoin d’un super-héros éléphant quand on a un charmeur de serpents ou une femme-sirène. Inutile de s’étourdir dans l’excès de spectaculaire — le parc d’attractions ressemble à l’Ile des plaisirs de Pinocchio, qui transforme les enfants en ânes… On apprécie que Tim Burton, même pour rire, morde un peu la main qui le nourrit.

(A. Ferenczi, Télérama)