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Le blog des profondeurs...
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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

SHOTGUN STORIES

Écrit et réalisé par Jeff NICHOLS - USA 2007 1h32mn VOSTF - avec Michael Shannon, Douglas Ligon, Barlow Jacobs, Natalie Canerday, Glenda Pannell, Lynnsee Provence, Michael Abbot Jr., Coley Canpany, Cole Hendrixson, Vivian Morrison Norman...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SHOTGUN STORIESUn film indépendant américain remarquable, repéré au dernier festival de Berlin, qui a la beauté, l’universalité et la force d’une tragédie antique : deux familles ennemies, réunies pourtant par le même père, se déchirent jusqu’à l’absurde, jusqu’à la mort. Jeff Nichols réussit à installer une tension permanente, qui tient à la fois aux réactions individuelles, imprévisibles, et au poids du destin, implacable. Sans oublier le paysage, l’espace, que les cinéastes américains savent filmer comme personne – on en aura une nouvelle preuve avec le magnifique Into the wild de Sean Penn – qui inscrit ces trajectoires humaines dans un cadre imposant, évidemment trop grand pour elles…

L’histoire se déroule dans un bled paumé de l’Arkansas, au cœur de l’Amérique profonde. Les trois frères Hayes ont été abandonnés par leur père alors qu’ils étaient tout gosses. Il ne leur a même pas donné de vrais prénoms : Son, Boy et Kid (littéralement « fils », « garçon » et « gamin ») ont le souvenir d’un père alcoolo et violent, qui ne pensait qu’à lui et à la bouteille. Ils ont été élevés par une mère aigrie jusqu’à l’os, dans la haine profonde de leur géniteur. Et aujourd’hui encore, elle rend responsable ses enfants du départ de son mari. Pourtant le père n’est pas allé très loin, il s’est juste déplacé de quelques rues. Il a complètement changé de vie, est devenu un fervent catholique et s’est guéri de l’alcool. Il s’est remarié et a eu quatre autres enfants, qui eux ont de vrais prénoms. En fait, il est devenu un exemple, un pilier respecté de la communauté, tant dans son comportement familial que professionnel. Son seul échec reste l’abandon des trois fils de son premier lit.
Son, Kid et Boy ont grandi, et mènent maintenant une vie assez tranquille, même si marquée fer rouge de la précarité, de l’insécurité affective. Son paraît le plus solide et, en tant qu’aîné, veille sur ses frères, mais, pas plus que ses cadets, il ne s’est jamais vraiment remis de son passé. Il en garde d’ailleurs des cicatrices gravées à vie sur son dos.
Le film débute ou presque par l’enterrement de ce fameux père, qui réunit autour de la tombe sa deuxième famille, entourée d’une foule respectable et respectueuse. Les trois fils reniés vont faire irruption au beau milieu de la cérémonie et comme qui dirait casser l’ambiance, Son gratifiant le défunt d’une oraison funèbre cinglante. L’incident va porter à son paroxysme l’antagonisme entre les deux clans, les haines et la rage réfrénées depuis des années remontant à la surface, prenant possession des esprits. La guerre fratricide aura bien lieu, reste à savoir combien elle fera de victimes…

Shotgun stories a beau être un premier film, il témoigne pourtant d’une maîtrise impressionnante : Jeff Nichols imprime au récit un rythme sans faille, donne à chaque personnage une réelle épaisseur et sait captiver avec un scénario tranchant, sans pour autant sacrifier la complexité des sentiments et des situations. Bien que frappée du sceau de la fatalité, l’intrigue laisse aux protagonistes la liberté du choix, la faculté de la raison. La fin, très belle, en sera la meilleure preuve…

Vendredi 13 Septembre 2019 à 21h45