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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

Dimanche 20 Octobre 2019 à 14h30

FIFIB - En présence du réalisateur JAMES GRAY

TWO LOVERS

Écrit et réalisé par James GRAY - USA 2008 1h50mn VOSTF - avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini, Elias Koteas, John Ortiz, Moni Moshonov...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TWO LOVERSAvec un titre pareil, et en rôle principal Gwyneth Paltrow, égérie de films pour jeunes filles sensibles, on s’attendait à une bien jolie comédie romantique, avec son scénario bien rôdé, autour d’une histoire d’amour à priori difficile, mais qui inévitablement devait aboutir. Et bien, s’il est effectivement question d’amour, il faut voir et savourer avec quelle intelligence, avec quel brio James Gray en parle : Two Lovers va totalement à l’encontre des codes du genre. En même temps, on pouvait se douter qu’avec James Gray, le réalisateur de polars très sombres, tels le génial Little Odessa, sur la mafia ukrainienne de New York, le film ne serait pas trop dans une tonalité Hello Kitty.
D’abord le héros n’est pas franchement l’archétype du parfait amant rêvé par les lectrices de Elle. Leonard Kraditor (quel affreux patronyme, rien que ça c’est débandant), est un garçon plutôt renfermé, vivant encore à le trentaine bien tassée dans un immeuble tristoune de Brooklyn, chez des parents plutôt protecteurs et possessifs, menant par ailleurs un travail ennuyeux au pressing familial. Pas franchement de quoi attirer les top models esseulées. D’autant que, depuis une séparation douloureuse, il a des tendances suicidaires. Alors quand ces parents bienveillants veulent le sortir de son marasme en lui présentant Sandra, une jolie brune douce et attentive, Leonard se laisse faire comme souvent dans le reste de sa vie. Mais quand il croise peu après, dans le couloir de l’immeuble, Michelle, une blonde voisine imprévisible à la vie tumultueuse, tous ses désirs vont se tourner vers elle. En guise de two lovers, c’est bien d’un trio amoureux dont il est question. Et au-delà de ce scénario souvent exploité au cinéma, la force de James Gray est de montrer combien la passion s’oriente vers ce qui parait inaccessible, même quand on sait que cela va nous détruire. Et il sait décrire aussi le dur cheminement qui nous amène à une forme de renoncement pour survivre à ses passions.

Le talent de James Gray est d’avoir su également utiliser des acteurs brillantissimes à contre-emploi. Pour incarner Leonard, Joaquin Phoenix, qu’on a plutôt l’habitude de voir dans des rôles inquiétants et qui, en cardigan, en gentil fils à maman soudainement emporté par un tourbillon amoureux, est finalement très convaincant ce qui montre l’étendue de son registre. Sandra, la brune bien sous tous rapports plébiscitée par la famille de Leonard, est incarnée par Vinessa Shaw, ancienne mannequin que l’on avait vu en sulfureuse prostituée dans Eyes Wide Shut, elle aussi dans un rôle totalement opposé, tout en subtilité et en retrait. Enfin voir Gwyneth Paltrow en fille totalement déboussolée, irresponsable, cyclothymique et dépressive, c’est tout aussi étonnant et ça brise les lignes. Les amateurs de James Gray, habitués à ses plongées vertigineuses dans des communautés troublées et violentes, ne seront pas totalement perdus, car l’histoire de Leonard s’inscrit avec humour et tendresse dans la communauté juive de Brooklyn, protectrice mais aussi étouffante pour Leonard, à l’image caricaturale de sa mère, parfaitement incarnée par Isabella Rossellini. La vision de James Gray est d’ailleurs sans appel : la communauté et le famille sont à la fois ce qui entrave les désirs d’amour et de liberté mais aussi ce qui vous en protège.