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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 2)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 25/03 au mardi 31/03/2020  Mercredi 25 mars, jour 11 de l’après Que devient PCA, Paysans et Consommateurs Associés (pca.nursit.com) ? Les distributions continuent au cinéma chaque mercredi en fin d’après-midi, de 18h à 19...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 1)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du 20/03 au 24/03/2020  Vendredi 20 mars, jour 6 de l’après Cette première semaine est largement consacrée aux diverses démarches nécessaires à la survie de notre petite entreprise et d’abord de ses salariés : tout le monde (nous som...

Revoir le débat avec Pierre Carles et Philippe Lespinasse (Un bergé et deux perchés à l’Élysée)
Vendredi 4 janvier, Pierre Carles et Philippe Lespinasse venaient nous présenter leur film sur Jean Lassalle, « Un bergé et deux perchés à l’Élysée » que nous projetons jusqu’au 26 février. Merci à Jamila Jendari et Nicolas Beirnaert pour la captation de ce moment. UN BERGÉ ET DEUX PERCHÉS À L’É...

GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
En catimini, à 2h00 du matin mardi 29 mai, une poignée de députés a rejeté l’interdiction du glyphosate, herbicide pourtant reconnu comme toxique pour l’environnement et classé comme « cancérigène probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé. Emmanuel Macron s’était engagé à interdure d’ic...

J'AI PERDU MON CORPS

Jérémy CLAPIN - film d'animation France 2019 1h21mn - Scénario de Jérémy Clapin et Guillaume Laurant. Grand prix de la Semaine de la critique, Cannes 2019 - Grand Prix et Prix du Public, Festival du film d'animation d'Annecy 2019. Pour les enfants à partir de 12 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

J'AI PERDU MON CORPSCe premier long métrage introduit sans conteste son réalisateur dans le sérail restreint des grands maîtres de l’animation. Jérémy Clapin, retenez ce nom : c’est désormais une patte, un style unique, un univers à part qui nous embarque d’emblée. La narration, d’une virtuosité implacable, jamais ne perd le spectateur en route, virevolte avec dextérité dans l’espace et le temps, aussi complexe que limpide. Le cinéaste jongle en permanence avec nos sentiments, nos émotions, nos perceptions, nous désarçonne en véritable illusionniste, brouille les pistes, sèmes des détails oniriques, fait naître des moments de pure poésie, tout en ne dédaignant pas les clins d'œil et les touches d'humour.

Deux récits, deux univers vont se déployer en parallèle et nous envoûter… D’abord celui de Naoufel… Livreur de pizza effacé, comme si son existence avait perdu tout relief, toute espérance. Il n’attend plus le déclic… qui pourtant surviendra au détour d’un jour triste et pluvieux, au bas d’un immeuble parisien impersonnel, devant une porte désespérante où on se casse le nez quand on n’en a pas le code… Le jeune homme sonne, livraison en main, désolé de son retard, prêt à s’excuser platement, à se faire rabrouer, comme souvent. Du haut du trente cinquième étage, lui parvient de l'interphone la magie d’une voix inaccessible. Elle appartient à Gabrielle, c'est ce que dit le nom à côté de la sonnette. Écoutant à peine ses propos taquins, il ne perçoit que sa jeunesse, sa douceur camouflée. Il se prend à rêver, il compose alors un personnage, invente un caractère à l’inconnue… Tout rêveur et ému, le voilà déjà prêt à s’enamourer de cette Gabrielle qu’il n’a jamais vue, ne verra peut-être jamais (?), à imaginer respectueusement sa silhouette… Frêle lueur d’espoir qui vacille dans l’indifférence d’une nuit sans lune… Peut-être cette voix le ramène-t-il sur les chemins oubliés de sa lointaine enfance, lumineuse et pétillante, protégée par les bras d’un père, d’une mère, d’un amour inconditionnel et bienveillant. Tout rayonnait, bruissait alors sous le soleil de l’Algérie, dans une ambiance joviale, où la musique avait une place de choix. Il avait pour tout rêve de conquérir l’espace et d’assister aux concerts réservés aux adultes, qui seuls avaient le droit de se coucher tard…
La seconde histoire, sans parole, impressionnante, est celle d’un membre « fantôme », comme on qualifie cette faculté qu’ont les mutilés de continuer à ressentir des sensations pour une partie de leur corps qu'ils ont perdue. On assiste ici à une surréaliste inversion des rôles : ce n’est plus l’humain qui part en quête du membre qui lui manque, mais une main désespérée qui tente d’échapper à son sort, s’évade d'un laboratoire et part à la recherche de son propriétaire… C’est là que la magie opère, la même que l’on retrouve dans les spectacles de marionnettes, quand l’objet inanimé devient animé, c’est à dire porteur d’une âme. Cette main va devenir très rapidement un personnage véritable. Pour elle on va trembler, quand elle se retrouvera aux prises avec des prédateurs plus grands qu’elle, aux prises avec nos pires cauchemars enfantins, la peur du noir, de la solitude, de l’abandon… On suivra sa quête et son périple constamment tenus en haleine, pendus à ses doigts tellement acharnés à lutter. On espérera pour elle, avec elle on sera émus, par la mélancolie de la pluie, la nostalgie de ce qu’elle fut, la douceur d’une menotte de nourrisson à la peau fine…

Il y aurait tant à dire encore sur ce J'ai perdu mon corps d’une richesse incroyable, qui donne autant à penser qu’à ressentir. Chacun y trouvera forcément son bonheur…

J'AI PERDU MON CORPS, Grand gagnant du PRIX DÉCOUVERTE 2019 des spectateurs d'Utopia

Vous avez été nombreux à voter : 1458 bulletins déposés dans l'urne, soit 263 de plus qu'en 2018, et J'ai perdu mon corps l'emporte avec 853 suffrages, suivi de Les Misérables de Lad Ly avec 789 et Au nom de la terre d'Edouard Bergeon avec 301.
Autant vous dire que nous sommes particulièrement heureux de votre choix qui récompense un film d'animation hors du commun, que nous avons ardemment soutenu en l'exposant en première page de notre gazette et qui a rassemblé 3000 spectateurs dans nos salles à ce jour (meilleures entrées du film en province, au coude à coude avec nos cousins de l'American Cosmograph à Toulouse).
Comme pour le lauréat de l'an dernier, L'Amour flou, nous espérons bien pouvoir organiser en mars ou avril une projection en présence du réalisateur, Jérémy Clapin.
En attendant le film reste à l'affiche : une séance par semaine chaque samedi après-midi.