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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

AU COEUR DU MONDE

Écrit et réalisé par Gabriel et Maurílio MARTINS - Brésil 2019 2h02mn VOSTF - avec Kelly Crifer, Leo Pyrata, Grace Passô, Bárbara Colen, Robert Frank...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AU COEUR DU MONDEUn vent vivifiant souffle sur le cinéma brésilien. Des années de troubles dans le pays ont conduit à l’émergence d’une génération de cinéastes attentifs à son histoire récente (Los Silencios), à la place des minorités (Le Chant de la forêt) ou encore aux bruits de la révolte qui gronde face à l’ère Bolsonaro (le percutant Bacurau). Au cœur du monde s’inscrit pleinement dans cette lignée par la description captivante qu’il fait de la vie à Contagem, ville périphérique de Belo Horizonte. C’est d’ailleurs l’un de ses chefs de file, Kleber Mendonça Filho (auteur de Bacurau et des Bruits de Recife, auquel on pense beaucoup ici), qui l’affirme : « Au cœur du monde est l’un des meilleurs films de cette nouvelle vague brésilienne et c’est précisément le type de films que le désastre politique veut éradiquer : passionnant et vrai ». Entre la précision de la chronique et la force de la tragédie, le film brosse le portrait d’une poignée de personnages qui tentent – tant bien que mal – d’améliorer leur quotidien. Tous liés de près ou de loin par un événement à venir qui entrelace leurs destins.

Tout commence dans les rues de la ville, par une chaude soirée d’été, où l’on célèbre l’anniversaire de Marcos. Ana, sa fiancée, a préparé les festivités dans le secret. Famille et amis sont réunis autour de ce couple à qui chacun souhaite bonheur et succès dans cette vie qui s’ouvre devant eux. Quand soudain la fête est interrompue par un coup de feu dans les ruelles alentour. Un énième règlement de compte qui éparpille la foule, laissant le goût amer d’un moment de grâce souillé par la violence endémique.
La suite du film fonctionne sur le principe d’un maillage des personnages. L’un connaît l’autre, qui en connaît un autre, et ainsi de suite, sans que tout le monde se connaisse. Et le spectateur est ainsi amené à approfondir chacun d’eux en découvrant ce qui, au fond, les unit. Marcos, petit trafiquant, tente de se ressaisir et de gagner sa vie honnêtement en aidant Selma à faire des photos de classes dans les écoles du coin. Sa fiancée Ana vend des tickets dans les bus du réseau. Elle y côtoie Rose, qui prend le bus en attendant d’acquérir une nouvelle voiture et de faire chauffeur Uber le soir, en plus de son emploi au salon de coiffure. Mais Miro, son petit ami, ne voit pas ça d’un bon œil : Rose ne va plus avoir de temps à lui consacrer. Quant à Miro, il a prêté de l’argent à son frère Beto afin que celui-ci parte se planquer un moment. Et pour cause, Beto est l’auteur du coup de feu initial qu’il a tiré avec une arme appartenant à Marcos…

Avec beaucoup de méticulosité et de douceur, Au cœur du monde nous amène dans l’intimité d’un quartier (les réalisateurs en sont originaires et y vivent) et dans la quête de bonheur de ceux qui l’habitent. La force du film réside dans la patience qu’il a à écouter ses personnages, souvent filmés à bavarder sur le palier d’un immeuble, à fumer dans l’habitacle d’une voiture, ou à contempler la ville depuis le toit d’un appartement. Loin de l’axe Rio - Sao Paulo, en marge des grandes villes, Contagem déborde d’espoir et d’appétit de vie, mais reste la prisonnière d’un cloisonnement social et économique étouffant. Nombreux sont celles et ceux qui rêvent d’un ailleurs, à l’image d’Ana qui avoue penser souvent à ne pas faire le trajet retour des nombreux bus qu’elle emprunte. Et pourtant c’est ici qu'est l’âme, c’est de là que tout part pour construire un avenir meilleur. C’est ici, à Contagem, qu’est le « cœur du monde ».