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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

NINA WU

Midi Z - Taïwan 2019 1h43mn VOSTF - avec Ke-Xi Wu, Yu-Hua Sung, Hsia Yu-Chiao, Ming-Shuai Shih... Scénario de Ke-Xi Wu (l'actrice principale) et Midi Z.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NINA WUSi ce film troublant est indubitablement taïwanais, par sa production, mais aussi par son habile scénario co-écrit par sa sublime actrice principale, on ne peut faire abstraction du fait que son réalisateur est d’origine birmane, issu d'une famille très pauvre. De là provient sans doute son intérêt empathique pour les minorités, les dominé-e-s de la terre. Si Midi Z ne se proclame pas féministe, son analyse, ses considérations, son positionnement à travers le point de vue de son héroïne le sont. Il met au service de ce regard féminin toute la puissance de sa mise en scène : rien n’y est superflu, tout est méticuleux, chaque distorsion du son, surexposition de l’image, saturation de couleurs sont porteuses de sens, rendent palpable l’univers intérieur de la protagoniste. Le climat rendu est anxiogène, flirte dangereusement avec une forme de paranoïa entre hyper-réalisme et fantasmes. Nous voilà submergés par les modulations intérieures de Nina, un vertigineux maelstrom qui s’agite sous son crâne, remue la vase en tous sens, l’empêchant ne serait-ce que de percevoir le fond, d’aller le toucher une fois pour toutes dans l’espoir de rebondir vers la surface. Comme elle, on rêverait d’une goulée d’air frais salutaire…

Mais commençons par le commencement, si on y parvient. Car là aussi, la construction du film est un kaléidoscope déformant qui se joue de l’espace mais principalement du temps. Nina nous apparait au début comme une jeune fille noyée dans la masse impersonnelle de la tentaculaire Taïwan. Voilà huit ans qu’elle s’obstine à devenir actrice sans parvenir à décrocher autre chose que des plans publicitaires, obligée de survivre grâce à de minables expédients. Ses repas pris en solitaire, ces éternels raviolis qu’elle avale de façon mécanique, contrastent avec la mine de blogueuse aguicheuse qu’elle affiche sur la toile.
Que ne ferait-elle pas pour émerger un peu du tas, accomplir son ascension sociale ! La tentation de baisser irrémédiablement les bras serait proche, sans cet ultime appel de son agent surnommé « Mark » – pour faire plus chic, plus occidental, plus exotique. D’ailleurs quand il lui cite les grandes actrices « libérées » dont il faudrait suivre l’exemple, ce sont des noms de stars blanches qu’il énumère. Refuseraient-elles un grand rôle au prétexte d’une scène dénudée ? Car c’est bien sûr de cela dont il est question. Il vient de trouver un casting en or pour sa protégée, un premier rôle dans une intrigue d’espionnage qui pourrait propulser sa carrière. Mais il y a une courte scène un peu osée… Bien sûr, il comprendrait que Nina refuse, le choix n’appartient qu’à elle… La messe, à demi-mots à peine déguisés, semble dite. Une ellipse plus tard, voilà Nina au milieu d’une poignée de filles toutes de rouge vêtues… L’audition débute…
C’est Nina Wu qui sera choisie. Il y a désormais un film dans le film à décortiquer. Et ce film ne nous dit rien qui vaille, il se transforme en terrible thriller psychologique, avec une ambiance émotionnelle et charnelle qui fait froid dans le dos, tandis que Nina est assaillie par de terribles cauchemars qui semblent tellement réels… Le sont-ils ?

Pour découvrir un fond de vérité dans tout cela, il faudra attendre l’ultime minute, ou se pencher sur le parcours de l'actrice Ke-Xi Wu, laquelle s’est largement inspirée de son histoire personnelle pour écrire le scénario, qui devient alors sa façon de s’exclamer #MeToo et de dénoncer un système de domination. Son héroïne est unique autant qu’elle est hybride, les autres personnages de femmes qui l’entourent – la no3 du casting (l’envahissante culpabilité) et son amoureuse et amie d’enfance (l’innocence perdue) – peuvent également être vues comme des facettes dérobées d’elle-même, les trois réunies formant un subtil triptyque, comme un miroir brisé après un choc trop violent. Il n’est pas gratuit que Chambre 1408 soit le titre d’un film produit par Harvey Weinstein…