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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
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Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

HISTOIRE D’UN  REGARD, à la recherche de Gilles Caron

Mariana OTERO - documentaire France 2019 1h33mn - Écrit par Mariana Otero et Jérôme Tonnerre.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HISTOIRE D’UN  REGARD, à la recherche de Gilles CaronLe titre ne se la joue pas, effacé et modeste devant l’ampleur du sujet. Il n’est pas question ici d’un seul regard, mais de plusieurs. Autant celui d’un photojournaliste essentiel que celui de la réalisatrice qui nous entraîne dans un formidable jeu de piste à la recherche d’un homme perdu. À travers les rouleaux de pellicule (4000, 100 000 clichés !), elle dévide le fil d’une vie, de récits intimes et universels, dresse des ponts entre la petite histoire et la grande, met en scène un véritable thriller photographique. Par un jeu de techniques, d’effets narratifs toujours renouvelés, elle nous rend son personnage principal tellement vivant et familier qu’on finirait volontiers, comme elle, par le tutoyer. On ne serait même pas tellement étonnés s’il apparaissait en chair et en os à la fin de la projection, tout en sachant qu’il a disparu au détour d’une route, entre le Cambodge et le Vietnam, en 1970. Il avait juste trente ans… Malgré le temps qui a filé, ses photos restent d’une actualité brûlante. En quelques années d’une trop brève carrière, Gilles Caron aura réussit à saisir au vol la marche du monde. Se plonger dans son œuvre, c’est non seulement partir à sa rencontre mais c’est aussi une traversée vertigineuse du siècle dernier, de ses événements les plus marquants, qui ne cessent d’avoir des conséquences sur notre présent.

Le parcours de Gilles Caron est des plus romanesques. Ce qui fait la force de ses images – plus encore que la technique photographique, qu’il apprend sur le tas – est sa façon de se positionner dans un groupe, au sein des situations, d’anticiper, en fin stratège, les moindres mouvements. Il ne se contente pas d’une position d’observateur extérieur, comme le démontrera Mariana Otero, à la façon d’une véritable profileuse. Il possède une acuité particulière, maîtrise l’art de capturer les expressions, de savoir cadrer et fixer la quintessence d’un être, ses sentiments. Dans ses images d'actualité, les êtres humains sont toujours le centre du motif.
Quand il couvre la Guerre des Six Jours en Israël, son premier grand reportage, les plus grands magazines du monde entier vont publier ses photos d’une rare intensité, le propulsant immédiatement dans la cour des grands, assurant également la notoriété de l’Agence Gamma, fondée par Raymond Depardon, entre autres. Gille Caron sera dès lors envoyé dans les lieux de tension les plus importants de l’époque : le Vietnam, le Biafra, mais aussi Paris… Nous sommes en mai 68 et c’est à lui qu’on devra l’un des plus beaux clichés de Daniel Cohn-Bendit… Au fur et à mesure que défilent les images, on découvre qu’elles sont restées bien présentes dans notre inconscient collectif, quand bien même on aurait oublié le nom de celui qui les as prises…

En alternance avec ces moments intenses et durs, Gilles Caron fraie avec les cinéastes de la nouvelle vague, participant aux tournages de certains films de Truffaut, de Godard, côtoyant les stars de l’époque. Étrange va-et-vient entre les paillettes et la violence des guerres. Gilles Caron mène tout de front, même une vie amoureuse et familiale heureuse. S’il se dit avide de sérénité et de paix, il ne pourra jamais complètement décrocher du terrain, accro à l’actualité. Le voilà reparti pour Belfast, en plein conflit Nord-Irlandais… Là encore Mariana Otero lui emboîte le pas, retournant sur le théâtre des opérations, parvenant même à retrouver les protagonistes de l’époque… Scènes troublantes et émouvantes, qui redonnent à chacun un peu de hauteur et de dignité : elle leur montre les photographies de l’époque, ce sont alors leurs regards qui prennent le rôle principal… Cette histoire d’un regard devient aussi la leur et sans nul doute un peu la nôtre, en tant que spectateurs…