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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

Jeudi 20 FÉVRIER 2020 à 20h45

SCREEN TEST #8


Un cycle de projections proposé par Monoquini

LES GRANDS SQUELETTES

Philippe RAMOS - France 2018 1h10mn - avec Melvil Poupaud, Jacques Bonnaffé, Mélodie Richard, Jacques Nolot, Rémy Adriaens, Pauline Acquard, Lise Lamétrie, Hovnatan Avédikian, Anne Azoulay, Françoise Lebrun, Jean-François Stevenin, Alice De Lencquesaing, Denis Lavant... Scénario, image et montage de Philippe Ramos.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES GRANDS SQUELETTESÀ Paris, au printemps, des femmes et des hommes se perdent dans leurs pensées au hasard des heures du jour et des rues de la ville. De cette soudaine intimité, les murmures de leur petite voix intérieure nous laissent entendre les inquiétudes de l’amour et du désir.

« J’ai voulu construire une constellation de pensées, un ensemble de monologues intérieurs. Cette démarche, quasi politique, visait à mettre à mal la place du héros, du personnage principal et donc à donner de manière égalitaire la parole à tous : femmes, hommes, jeunes, vieux, homos… Peu importe ce qu’ils étaient, à mes yeux c’étaient simplement des êtres humains dont je voulais faire entendre l’intimité. Cette part intime, je lui rends ici hommage et je la mets en valeur jusque dans ses fragilités même, parce qu’elle est véritablement, pour reprendre un terme d’actualité, une “zone à défendre” face à un système économique et social ravageur dont nous sommes déjà en grande partie victimes. J’ai commencé le travail d’écriture en réunissant de très nombreuses images. Je m’inspirais d’elles pour écrire les pensées d’un personnage. C’était un travail difficile, parce qu’il fallait chaque jour se plonger dans les pensées intimes de quelqu’un chez qui je trouvais souvent des angoisses, des doutes, des douleurs amoureuses… De tout cela, est né ce film des inquiétudes, reflet de notre temps inquiet. » Philippe Ramos

Depuis son premier court métrage, Madame Edwarda, placé sous la tutelle de l’écrivain Georges Bataille, suivi de Adieu pays (2002), Capitaine Achab (une libre adaptation de Moby Dick d’Herman Melville, 2007), Jeanne captive (une relecture anachronique de Jeanne d’Arc, 2011) et Fou d'amour (s’inspirant de l’affaire du curé assassin d’Uruffe, 2015), le réalisateur originaire du Vaucluse tisse discrètement une œuvre à contre-courant dans le paysage du cinéma français.
Empruntant au procédé initié par Chris Marker avec La Jetée, où le récit se déroule en voix-off sur une succession d’images fixes ou imperceptiblement mouvantes, Philippe Ramos s’inspire ici des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes pour déployer treize monologues intérieurs sous forme de chapitres indépendants – une démarche radicale qui peut être rattachée plus largement au domaine littéraire, rappelant le flux de conscience qui parcoure les pages de Virginia Woolf ou de James Joyce.
En gommant les sons environnants et les trépidations du monde extérieur, en nous laissant avec les seules pensées et les regards de chacun des personnages, issus de l’observation au quotidien dans la ville, les transports en commun, les lieux d’attente…, les images suspendues nous font pénétrer la psyché de ces individus, songeant en solitaire à l’être aimé, ou à son absence, déclinée en divers modes de séparations, d’abandons, de frustrations.
Du fait de son dépouillement formel et de par sa fragilité, le film atteint un degré d’intimité et de profondeur rare, de l’ordre de la confidence, et propose une plongée introspective proche de l’expérience psychanalytique. Les personnages se disent à eux-mêmes ce qu’ils ne peuvent montrer aux autres : la partie monstrueuse et cachée de leur être.

« Dans un environnement aujourd’hui saturé d’images, de sons, de paroles, de vitesse, nous repartons d’un endroit où les paroles ne seraient pas encore dialogue, où les bruits du monde seraient un temps oubliés, où le silence et l’immobilité reprendraient leurs droits et leur beauté », nous explique encore Philippe Ramos.
Soumise au rythme fluctuant et secret de la conscience, la vie rêvée de ces « grands squelettes » trace la trajectoire de nos petites et grandes solitudes.