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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

L’ENVOLÉE

Écrit et réalisé par Eva RILEY - Angleterre 2019 1h23mn VOSTF - avec Frankie Box, Alfie Deegan, Sharlene Whyte, William Ash...

Du 08/07/20 au 11/08/20

L’ENVOLÉEL’un des grands plaisirs des salles de cinéma comme les nôtres, c’est de découvrir et de faire découvrir des premières œuvres. C’est là que notre travail prend tout son sens : vous donner l’envie de voir des films inconnus, inédits, qui ont besoin de vous pour exister. L’Envolée fait partie de ceux-là (Télérama le situe dans la lignée des films de Ken Loach, le soleil en prime) : alors foncez ! Ainsi, le jour où Eva Riley sera au firmament de sa popularité, vous vous souviendrez avec émotion d’avoir assisté aux premiers pas d’une réalisatrice majeure et sans doute pourrez-vous en dire autant à propos de ses deux jeunes acteurs principaux dont c’est la toute première apparition à l’écran ! Ce ne sont pas des « enfants de… » : dans la vraie vie, Alfie Deegan est menuisier, Frankie Box encore au lycée, mais quelle présence à l’écran ! Ils sont aussi lumineux que cette fiction de haute volée, limpide et efficace.

Un rai de lumière se joue des boucles brunes de Leigh tandis qu’elle tournoie entre les barres asymétriques. Tel un oiseau confiant dans son élément, elle virevolte au-dessus du sol, avant de s’accorder un moment de repos dans la position du cochon pendu, comme si c’était la posture la plus naturelle au monde. Durant quelques instants fugaces, le temps suspend son vol, tout se floute. Comme lovée dans une bulle invisible, Leigh flotte, apaisée, hors d’atteinte. Elle est ailleurs, les agitations extérieures n’ont plus de prise, les sons s’estompent jusqu’à disparaitre…
Il faudra que la voix insistante de son entraîneuse, Gemma, l’extirpe de sa rêverie cotonneuse pour qu’elle se fasse violence et reprenne conscience des regards qui l’entourent. Le concours qui pourrait changer le cours de sa vie est dans si peu de temps, il lui faut s’entraîner sans relâche, répéter son programme, enchaîner les figures. La voilà qui s’élance, tonique, prête à toutes les vrilles, roulades, salto… chute légère : « Continue ! », l’encourage Gemma. Mais Leigh n’y parvient plus. Tant de choses tourbillonnent dans sa tête… Le gloussement d’un nid de pimbêches friquées, les frais d’inscription pour la compétition, tout s’embrouille sous sa frimousse bravache, la submerge, la tétanise… Si près de la réussite, la voilà qui rechigne face à l’obstacle. Leigh est proche de tout envoyer valdinguer, sans oser l’avouer à son entraîneuse pourtant si compréhensive et bienveillante. Notre nymphette en a d’autant plus honte. Comment justifier cette sensation viscérale de n’être pas à sa place, expliquer la panique qui phagocyte jusqu’à ses moindres plaisirs, ses plus puissantes passions, celles qui lui ont permis de prendre de la hauteur ?

C’est alors qu’elle est au bord de ce gouffre insondable que va apparaitre l’ange exterminateur. Enfin… C’est un bien grand mot pour qualifier ce presque frangin surgi de nulle part, rejeton jusque-là caché d’un paternel perpétuel inconséquent. Quand ce demi-frère, dont elle ignorait l’existence, déboule sans crier gare, de prime abord elle le déteste par précaution. Fanfaron maladroit, arrogant par pure forfanterie, par besoin de reconnaissance, Joe est un petit gars à la marge qui flirte avec la délinquance sans doute par nécessité mais surtout pour se sentir exister. Le temps de s’adopter un peu mutuellement, et Leigh va bientôt se sentir pousser des ailes de caïd, vouloir démontrer qu’elle n’a pas froid aux yeux. C’est là que tout risque de partir en vrille…
À la fois grave et d’une fraîcheur folle, L’Envolée est porté avec panache par un duo de personnages qui ont un sacré cran. Un fort joli film pour agrémenter cet été, se sentir respirer.