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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

MOSQUITO

João Nuno PINTO - Portugal 2019 2h02mn VOSTF - avec João Nunes Monteiro, Sebastian Jehkul, Filipe Duarte, Josefina Massango... Scénario de Fernanda Polacow et Gonçalo Waddington.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MOSQUITOMozambique 1917. Des rêves d’héroïsme pleins la tête, Zacarias, 17 ans, débarque avec le corps expéditionnaire chargé de défendre la colonie portugaise contre les attaques allemandes, quand une crise de paludisme le cloue au lit. Terrassé par les fièvres, il est laissé pour mort dans un hôpital de campagne. Or, contre toute attente, il survit et décide, seul, de rejoindre son unité partie guerroyer au Cœur des Ténèbres… Commence alors une odyssée qui l’emmènera bien plus loin qu’il ne le soupçonnait.

Si la référence à l’univers de Joseph Conrad et de son plus célèbre roman était incontournable dans cette introduction, c’est parce qu’il partage avec le film qui nous occupe un point commun essentiel : contrairement à ce qu’une lecture superficielle pourrait laisser penser, ni l’un ni l’autre ne sont – en dépit de leur structure narrative comme du contexte géographique et historique dans lequel ils prennent place – des récits d’aventures exotiques. L’histoire de Zacarias, gamin perdu dans un milieu hostile, luttant contre le froid, la faim, la fièvre, la solitude, si elle avait été racontée jadis, aurait pu donner un récit à la Kipling, sur la grandeur de l’Homme Blanc civilisateur surmontant les épreuves du monde sauvage. Or c’est (heureusement !) tout le contraire ici. Car le vrai sujet du film ce n’est pas l’héroïsme individuel, mais les ravages du colonialisme sur ses victimes comme sur ses exécuteurs (comme le bouquin de Conrad, justement).

Zacarias est d’abord le fruit de la société de son époque. Issu d’un milieu modeste, il boit les paroles de ses supérieurs avec la candeur d’un enfant, sur lequel on déverse les tombereaux de propagande guerrière et raciste (envers les Africains) ou xénophobe (envers les Allemands), celle-là même dont Céline avait démonté la mécanique infernale dans les premiers chapitres du Voyage au bout de la nuit, titre qui aurait pu être aussi celui de ce film. Mais petit à petit, le regard de l’adolescent va s’ouvrir. Sur les autres d’abord, lorsqu’il sera contraint et forcé de partager la vie d’un village autochtone, sur lui-même ensuite, et l’amertume de cette leçon que la vie lui inflige le poussera dans de sombres retranchements. Oui, pas d’irénisme ici, Mosquito n’est pas l’histoire d’une rédemption, mais plutôt du douloureux dessillement d’une conscience sur l’impitoyable dureté du monde.

Dans cette équipée qui doit autant à Xénophon par l’antique simplicité de sa narration qu’à Terrence Malick par la profondeur de sa quête introspective et son lyrisme visuel, João Nuno Pinto entremêle savamment la grande et la petite histoire, le réel et le fantastique, le matériel et le spirituel pour délivrer un message qui, sans être nouveau, n’en est pas moins d’actualité : nous portons sur nos épaules, chacun d’entre nous, que nous le voulions ou non, le poids des iniquités provoquées par nos pères ; et il ne tient qu’à nous d’en prendre conscience pour s’en délivrer, ou de le nier, et de répéter les mêmes fautes. Ad nauseam.