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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

THE GENTLEMEN

Écrit et réalisé par Guy RITCHIE - GB 2019 1h53mn VOSTF - avec Matthew McConaughey, Hugh Grant, Charlie Hunnam, Michelle Dockery, Jeremy Strong, Eddie Marsan, Colin Farrell...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE GENTLEMENCe sont des gangsters mais cela ne les empêche pas d’être raffinés. Mickey Pearson, par exemple, beau mec plutôt canaille, a beau être directement importé des États-Unis, il est plus britannique qu’un lord. Baron de la drogue à Londres, Duc de la pègre et des fermes de cannabis, il n'a de faiblesses que pour les costumes impeccablement taillés – et pour sa femme, Rosalind, qui tient un garage automobile en escarpins Louboutin et sert du champagne aux client(e)s dont la voiture n’est pas prête… Couple harmonieux, ils vivent d’humour et de plaisirs, traversent sans sourciller les périls propres à l’illégalité, se donnent mutuellement d'avisés conseils et sont couvés par le fidèle, l'irremplaçable Ray, un homme de main élégant lui aussi, à la fois vigie et majordome, placide, taiseux mais capable d’éloquence lorsqu’il s’agit de mater un adversaire.

Or donc, il advient que, las de son négoce, Mickey Pearson veut se ranger, jouir de la vie. Il est bien décidé à vendre sa florissante entreprise, valorisée à hauteur de 400 millions de dollars – ce qui n'est pas rien. Sur les rangs, un caïd, venu lui aussi d’outre-Atlantique, et qui a également adopté la britishitude de sa patrie d'adoption. Deux Américains cultivés, voilà qui devrait aider à parvenir à un « deal ». Mais il n’y a pas de mécanique parfaite quand on fait partie de la racaille, fût-elle tirée à quatre épingles. D’autant que, dans le marigot, ce ne sont pas les crocodiles qui manquent. Les gangs londoniens de seconde et troisième zones s'en mêlent, ainsi qu'une escouade d'improbables amateurs qui ambitionnent de mettre tout le monde d'accord. Et ça ne va pas s'arranger avec l'entrée dans la danse d'un certain Fletcher. Intermédiaire indélicat, détective vaguement privé, scribouillard véreux pour le compte d’un tabloïd, scénariste en déshérence, mercenaire de l'écriture et du renseignement, lui aussi singe les manières aristocratiques. Il prétend tirer les ficelles – et in fine les bénéfices – de cet immoral théâtre de marionnettes. Ou du moins l'espère-t-il. Mais, de retournement en retournement, le deus ex machina n'est jamais vraiment celui qu'on pense.

Ces quelques lignes ne font que résumer les balbutiements d'une intrigue policière à tiroirs comme seul le cinéma anglais sait en offrir. À la complexité du préambule répond une succession de scènes primitives, dont on voit bien que le réalisateur Guy Ritchie s'est régalé à les imaginer. Il y a un rare plaisir à s'accrocher aux branches d'un scénario tortueux, malin comme tout, faussement alambiqué, qui n'est finalement que le prétexte à mettre en scène, dans un environnement survolté, les échanges policés et souriants de nos so british entrepreneurs-truands. Les dialogues à double ou triple sens sont autant de petits morceaux de bravoure, et on ne peut que partager la jubilation avec laquelle les comédiens, tous en très grande forme, jouent leur partition et se répondent, conservant au plus fort de l'action un flegme qui ferait passer Droopy pour un chihuahua cocaïnomane. À ce jeu, si Matthew McConaughey maîtrise à la perfection l'alliage d'élégance et de cruelle douceur qui caractérise son personnage, c'est Hugh Grant, dans un quasi-second rôle génialement écrit et interprété, qui emporte le morceau. Esprit retors, sourires polis, savante dialectique, un whisky hors d'âge à la main, il est hilarant et méconnaissable, lui, la classe faite homme, en maître-chanteur parvenu. C’est d'ailleurs lui le narrateur. Lui qui ouvre le bal, en se faufilant chez Ray au début du film, pour lui raconter l’histoire que le spectateur va bientôt découvrir. Lui qui sait, ou croit savoir, jusqu'où ce joyeux bazar est capable de nous entraîner…

(avec la complicité involontaire de Sophie Avon, Sud Ouest, qui nous a fait découvrir ce petit bijou)