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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

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Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

ONDINE

Écrit et réalisé par Christian PETZOLD - Allemagne 2020 1h30mn VOSTF - avec Paula Beer, Franz Rogowski, Maryam Zaree, Jacob Matschenz...

Du 22/09/20 au 20/10/20

ONDINE« Vous, êtres humains ! Vous, monstres ! » Vous qui ne connaissez rien de l’amour d’une nymphe, fuyez ! C’est ainsi que pourrait démarrer cette atypique et fantastique histoire qui va tout à la fois nous immerger dans le Berlin actuel et dans son histoire, ou encore dans la mythologie germanique. Et c’est un beau pari de nous intriguer sans nous perdre, en parvenant à ne pas nous noyer sous la masse des informations passionnantes que le film distille entre les lignes et qui donnent envie de filer baguenauder dans les rues de la capitale allemande et dans ses musées. Sans complexe, il musarde entre réalisme parfaitement terre-à-terre et univers presque féérique, en tout cas bien moins rationnel. Et c’est un délice de se laisser bercer par les flots de son imaginaire fécond.

Pour Incarner Ondine et Christoph, les deux protagonistes principaux de l’aventure, Christian Petzold – sans doute le plus passionnant des réalisateurs allemands contemporains – reprend les acteurs de son film précédent, le génial Transit. C'est un bonheur de retrouver Franz Rogowski, toujours aussi désarmant et impressionnant de violence rentrée, d’intensité retenue, et la lumineuse et inquiétante Paula Beer dont la beauté transperce l’écran. Leur couple touche au mythe et incarne les amours impossibles, prisonnières du destin et du temps qui les rattrapent…
Dès la première scène, on se demande si Ondine, sous ses airs de rousse naïade, n’est pas un peu folle. Après tout, annoncer froidement à son amoureux, en cette matinée ensoleillée à la terrasse d’un café, qu'il va devoir mourir puisqu'il la quitte… n’est pas une attitude très moderne et ouverte à une époque ou l’on peut changer d’amant comme de portable. Les temps où l’on se promettait la fidélité pour l’éternité, où l’on n’hésitait pas à empoisonner ou à poignarder ses rivales, semblent un brin révolus, non ? D’ailleurs Johannes, à qui elle demande de l’attendre une petite demi-heure le temps qu’elle aille travailler, s’éclipsera à l’anglaise sitôt qu’elle aura les talons tournés, sans manifester trop de remords.
Quand Ondine reviendra au café, elle le cherchera désespérément et ce sera pour se casser le nez sur Christoph, un garçon sorti tout droit de nulle part, tel un mirage inespéré. À compter de cet instant, elle le suivra follement, inconsidérément, comme s’il était le rivage où se poser, la bouée ultime à laquelle se raccrocher pour échapper à sa destinée. Entre cette historienne spécialisée dans l’urbanisme et le scaphandrier subjugué, qui la ramènera vers son élément aquatique, se tisse immédiatement un fil lumineux, évident. Les voilà qui se découvrent, goûtent la saveur d’un baiser, puis d’un autre encore, avant d’aller plonger dans la sensualité des algues, taquiner le silure qui contemple les hommes et leur vanité depuis les eaux sombres et inquiétantes dans lesquelles travaille Christoph, chargé de s'assurer de la solidité des fondations des ponts. Leur passion naissante sera d’abord sans vagues, loin des embruns, des tempêtes dévastatrices. Elle se nourrira de tendresse et d’espoir. Mais les fantômes surgis du passé referont surface, menaçant de faire chavirer la fragile embarcation qui transporte ces deux cœurs esseulés enfin réunis…

Mais Ondine est aussi, comme on l’a dit, une historienne, une jeune femme avec les deux pieds bien campés dans son époque. Cela constitue un excellent prétexte pour l’écouter animer quelques trop rapides et passionnantes conférences devant des petits groupes venus du monde entier. On découvre ainsi, devant les maquettes immenses de Berlin reconstitué à différentes périodes, ce que fut cette ville, comment elle naquit, comment elle fut en partie détruite, pour parvenir en définitive à renaître de ses cendres… Un peu à la manière de son héroïne…
Vous l'aurez compris, le film est envoûtant, d'une grâce infinie que ponctue la divine musique de Bach (concerto pour clavecin en ré mineur BWV 974, 2e mouvement, joué au piano par Vikingur Olafsson).