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Le blog des profondeurs...
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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

Jeudi 17 SEPTEMBRE 2020 à 20h45

LUNE NOIRE


Cinéma de genre, Exploitation, OFNI, auteurs borderline... Séance mensuelle du troisième type proposée par l’association Monoquini.
LUNE NOIRE
Séance présentée par Loïc Diaz-Ronda, co-directeur du Festival Cinespaña de Toulouse et spécialiste du cinéma fantastique ibérique.

LES RÉVOLTÉS DE L’AN 2000

(¿Quién puede matar a un niño?) Narciso IBAÑEZ SERRADOR - Espagne 1977 1h40mn VOSTF - avec Lewis Fiander, Prunella Ransome, Antonio Iranzo, Miguel Narros, María Luisa Arias, Marisa Porcel et les enfants... Scénario de Luís Peñafiel, d’après le roman El juego de los niños de Juan José Plans. Prix de la critique, Festival d’Avoriaz 1977. Version intégrale restaurée.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES RÉVOLTÉS DE L’AN 2000Tom et Evelyn, un jeune couple anglais en voyage d’été dans le sud de l’Espagne, décide de louer un bateau et de séjourner loin de l’agitation touristique sur la petite île d’Almanzora. Ils accostent dans un village déserté où ne semblent vivre que des enfants au comportement étrange. Ils découvrent bien vite que les adultes ont été décimés l’un après l’autre…
À la charnière des années 60 et 70, le cinéma fantastique espagnol connait une période faste. Dans un pays où n’arrive qu’une faible portion de ce qui se crée mondialement en raison de la censure, l’industrie du cinéma ibérique fournit aux autochtones le frisson des contrefaçons en produisant d’inoffensifs films dits de fantaterror. Loups-garous testostéronés, chevaliers templiers zombies, aristocrates fétichistes fondus de science et vampiresses méridionales rejouent alors parodiquement le bestiaire de la Hammer. Parallèlement, une poignée d’auteurs, attirés par les débouchés professionnels, créent une série de films fascinants qui contribueront à redéfinir la notion même de fantastique. Pour Vicente Aranda, Victor Erice, Jordi Grau, Pedro Olea, Carlos Saura ou Gonzalo Suarez, le fantastique est une variation fantasmatique du quotidien, dans laquelle rêve et expérience, analyse sociologique et délire temporel, apparitions fantomatiques et refoulé historique se confondent. Les chemins du fantastique espagnol semblent alors se diviser entre le pillage d’une mythologie décadente et un cinéma métaphorique ou codé, situé à la périphérie du genre.

Narciso « Chicho » Ibañez Serrador fait figure d’exception. En premier lieu, il est le créateur de Historias para no dormir, une série qui impose le fantastique et la science-fiction à la télévision espagnole en 1966-67, et qui marquera l’enfance de toute une génération comptant de futurs cinéastes tels Alex de la Iglesia, Guillermo del Toro ou Jaume Balaguero. Fort de ses prouesses sur le petit écran, Chicho réalise pour le cinéma, en 1969, La Residencia, un élégant conte gothique teinté de sadisme et d’une sophistication plus propre au giallo qu’au fantaterror. Malgré le succès de ce premier film, Chicho ne reviendra derrière la caméra que six ans plus tard pour diriger le mythique ¿Quien puede matar a un niño?, œuvre âpre, apocalyptique et choquante, qui sera son chant du cygne au cinéma. Pourquoi celui qui aurait pu devenir le Polanski, le Romero ou l’Argento ibérique s’éclipsa-t-il ensuite ? Mystère…
Au-delà du motif de départ qui l’inscrit dans une tradition dystopique sur l’enfance sauvage, le film semble convoquer toutes les règles du genre pour mieux les contrecarrer. Le récit progresse sous la lumière écrasante d’un soleil de plomb, parfait antidote aux ombres du cinéma d’horreur. Par un découpage subtil et d’amples mouvements de caméra, privilégiant un récit de facture classique qui l’éloigne du cinéma « métaphorique » de ses compatriotes, Ibañez Serrador parvient à distiller une angoisse presque insoutenable sans effets tonitruants. Le regard qu’il porte sur les enfants, perçus comme une masse mutique toujours plus dense et oppressante, comme un organisme liquide aux mille visages se mouvant à l’unisson, contribue grandement à l’efficacité d’un film dont on ne ressort pas indemne. Le monde d’après, semble-t-il dire, ne sera pas nécessairement meilleur puisque l’ange exterminateur pourrait avoir les traits d’un enfant.

(lunenoire.org)