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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

Dimanche 18 OCTOBRE 2020 à 20h45

LUNE NOIRE


Cinéma de genre, Exploitation, OFNI, auteurs borderline... Séance mensuelle du troisième type proposée par l’association Monoquini.
LUNE NOIRE

ÂMES PERDUES

(Anima persa) Dino RISI - France / Italie 1977 1h42mn VOSTF - avec Vittorio Gassman, Catherine Deneuve, Anicée Alvina, Danilo Mattei... Copie numérique - Version restaurée.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ÂMES PERDUESTino, un jeune homme timide, est accueilli, le temps de ses études de peinture, par son oncle et sa tante, le sévère ingénieur Fabio Stolz et son épouse maladive, Elisa, dans leur vieux palazzo de Venise à la splendeur décatie. Le garçon découvre rapidement l’existence d’un hôte inconnu, présenté comme le frère de l’ingénieur, un ancien professeur de sciences naturelles devenu fou, qui mène, cloitré sous les combles, une vie purement végétative et animale. Par leurs demi-confidences, la tante et l’oncle excitent délibérément la curiosité de leur neveu, révélant petit à petit un secret scandaleux.

Dino Risi s’est fait la réputation, justifiée, d’être un des maîtres de la comédie à l’italienne mais au cours de sa prolifique carrière, il a également signé quelques films à la marge et difficilement définissables, dont ces Âmes perdues qu’il a co-écrit avec Bernardino Zapponi, fidèle collaborateur de Fellini et co-scénariste entre autres des Frissons de l’angoisse de Dario Argento.
Sans rompre avec les extravagances typiques des satires féroces de Risi, nous pénétrons dans un drame décadent, une sorte de mélo gothique, un conte de fées déviant se nourrissant de l’atmosphère particulière de Venise. La ville, cette « vieille femme à l’haleine fétide », s’impose au spectateur comme un lieu figé dans le passé, peuplé de fantômes, comme une nécropole rongée par la pourriture. Quant au palais délabré, labyrinthe aux escaliers secrets, aux corridors poussiéreux et aux pièces abandonnées, il devient le théâtre d’une curieuse et inquiétante tragédie bouffonne.
Le roman d’origine, écrit par Giovanni Arpino, également auteur de Parfum de femme que Risi a adapté avec succès en 1975, se situait à Turin. Le choix du décor vénitien déserté, entre canaux putrides et venelles lépreuses, dont l’envers ne vaut guère l’endroit (les égouts, l’asile d’aliénés, les tripots sordides), contribue pleinement à la dimension morbide du récit, frayant avec le thriller et le film d’angoisse.

Risi nous présente ainsi son film : « Nous voyons un homme qui vit deux vies différentes : une vie de jour et une vie de nuit, une vie intérieure et une vie extérieure, une vie qu’il mène selon les règles d’un certain type d’éducation (ici celle d’une vieille famille bourgeoise autrichienne) et son âme secrète, diabolique. Ce que j’ai souligné, et qui n’était qu’effleuré dans le livre, c’est la représentation de cette solitude noire, profonde et absolue d’un homme qui n’arrive pas à communiquer ». C’est Vittorio Gassman, fidèle compagnon de route du réalisateur, qui incarne l’ambivalente figure de l’ingénieur cultivé et cruel qui se donne constamment en spectacle, d’abord en privé puis dans sa participation à d’autres rites collectifs ou dans ses improvisations voire dans cette sorte d’usage consacré qu’est la dilapidation de la fortune de sa femme dans une salle de jeux clandestins. L’acteur, comme sorti d’un roman de Dostoïevski, jonglant avec la rationalité froide et répressive du bourgeois et la folie déchaînée, livre une prestation fascinante, démontrant par l’absurde l’entière vanité des apparences.
Quant à la diaphane Elisa interprétée par Catherine Deneuve, « belle de jour » rêveuse et un brin masochiste, elle semble échappée d’un film de Buñuel. L’insolite complicité qui lie les deux époux atteindra in fine une dimension cathartique, refermant la porte de la mystérieuse demeure sur un accord retrouvé au-delà du désespoir et de la folie.

(lunenoire.org)