LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°1 au n°50  Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

LES 2 ALFRED

Bruno PODALYDÈS - France 2020 1h32mn - avec Denis Podalydès, Sandrine Kiberlain, Bruno Podalydès, Yann Frisch, Luana Bajrami, Leslie Menu... Scénario de Bruno Podalydès avec la collaboration de Denis Podalydès.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES 2 ALFREDChômeur quinquagénaire, interdit bancaire, père isolé de deux charmants bambins, Alexandre est un cumulard des temps modernes. Pas précisément de la race des winners, mais il est fermement décidé à se sortir d’affaire. C’est que l’enjeu est de taille. À la suite d’un malheureux coup de canif dans son contrat de mariage, Alexandre s’est vu imposer par Albane, sa femme, un ultimatum très simple : soit il fait la preuve, le temps d’une séparation temporaire, qu’il peut gagner sa vie, gérer ses enfants et tenir son ménage, soit la-dite séparation devient ferme et définitive. Non négociable. Sitôt dit, la belle a bouclé son bagage, boutonné sa vareuse galonnée et coiffé sa casquette d’officier, et s’en est allée tête droite, en mission dans les grands fonds marins aux commandes d’un sous-marin nucléaire. Eh oui !

Voilà donc notre Alexandre bien obligé de sortir ses deux pieds de l’unique sabot dans lequel il les maintenait confortablement confinés. Alexandre qui jongle avec les réveils, les petits déjeuners, les horaires d’école et de crèche – sans oublier, bon sang ! les deux Alfred (deux singes en peluche, un seul doudou, indispensable au petit dernier). Alexandre qui enchaîne stoïquement les rendez-vous démoralisants, à la banque pour tenter en vain d’émouvoir un conseiller lunaire, à Pôle Emploi pour se mettre en quête d’un boulot. N’importe lequel au demeurant, il n’est pas regardant, juste un boulot rémunéré qui lui permettra de redorer son blason aux yeux d’Albane. Son premier entretien d’embauche dans une start-up « innovante » (innovante dans quoi ? Dans l’art de mener une réunion de travail autour d’une table de ping-pong ?) donne une idée de l’ampleur du gouffre qui sépare Alexandre du monde merveilleux de l’entreprise 3.0. Contre toute attente, le papa-poule old-school et déphasé est illico embauché par « The box », la boîte friendly en total open-space où, comme le précise Aymeric, le gérant cool, on « dispatche en conf'call des opés mesurables par simple reacting process ». Embauché sur un mot, une intuition, parce qu’il a indiqué vouloir faire un « reset » sur sa vie professionnelle. Précisément, ce sera ça, son job : le reacting process. Ce qui complique singulièrement la situation, c’est que son petit tyranneau de patron-copain a été ferme, très ferme : à « The box », on est résolument « no child » – ou on s’en va. Pour conserver le boulot, notre aventurier des temps ultra-modernes va donc devoir déployer des trésors d’inventivité pour mener à bien, sous la houlette de Séverine (sa N+1 à la réputation de killeuse), une mission dont il n’a pas compris la moitié du quart du début de la signification, tout en cachant l’existence de ses bambins. Le hasard met sur sa route Arcimboldo – un ange-gardien espiègle et serviable qui use à merveille des paradoxes de l’ubérisation de la société, ses applis, ses bidouilles et ses failles, et qui va faire office de guide de haute montagne dans les méandres de la vie connectée…

Comme toujours chez Bruno Podalydès, la comédie douce-amère et un brin nostalgique est relevée d’une pointe de satire acérée du monde moderne. À l’instar de la novlangue glacée de la start-up que chacun emploie sans vraiment la comprendre, la technologie connectée y a des allures vaguement inquiétantes mais la poésie ne tarde jamais à affleurer derrière l’incongru et le ridicule des situations. Les écrans, omniprésents, isolent plus qu’ils ne les rapprochent des individus totalement dépassés par l’accumulation de montres connectées, voitures autonomes, galets-enregistreurs et autres bidules vocaux qui ont réponse à tout. L’autonomie qu’acquièrent insensiblement les objets, l’inertie têtue qu’ils opposent à leurs utilisateurs donnent à la fable son rythme décalé et poétique. Dans cet univers mécanique instable, Sandrine Kiberlain est irrésistible en wonder woman au bord de l’explosion, tandis que les deux frères Podalydès se délectent visiblement de jouer (au sens propre) ensemble, l’un son avatar de M. Hulot égaré au xxie siècle, l’autre de ses talents de magicien de kermesse.