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Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°1 au n°50  Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

LES SORCIÈRES D’AKELARRE

Pablo AGÜERO - Espagne / Pays Basque 2020 1h30mn VOSTF - avec Alex Brendemühl, Amaia Aberasturi, Daniel Fanego, Garazi Urkola, Yune Nogeiras... Scénario de Pablo Agüero et Katell Guillou. Récompensé par 5 Goya 2021 (l’équivalent de nos César en Espagne).

Du 25/08/21 au 21/09/21

LES SORCIÈRES D’AKELARRE« La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. » (Mona Chollet dans Sorcière, Ed La Découverte)

Ana, Katalin et leurs amies ont la joue fraîche, le rire facile et l’œil qui brille. Elles ont quoi… quatorze, quinze ans à tout casser ? Jeunes, insouciantes, libres, elles se sont donné rendez-vous une nuit pour aller danser dans la forêt, au clair de lune, à un jet de pierre de leur village côtier, déserté par les hommes partis pour de longs mois de pêche. Une certaine idée du bonheur et de la liberté, pour des jouvencelles qui échappent pour un temps à l’autorité des pères et des maris. Mais à l’aube, des hommes en armes traquent, arrêtent et jettent au cachot Ana, Katalin et leurs amies. Ordre du Roi.
Nous sommes au début du xviie siècle. Plus précisément en 1609. L’épisode relaté évoque un fait historique bien réel : l’envoi en mission par Henri IV du magistrat Pierre de Rosteguy de Lancre, afin de « purger le pays de tous les sorciers et sorcières sous l’emprise des démons ». On rapporte en effet de nombreux faits de sorcellerie qui se commettraient en Labourd (l’actuelle région de Bayonne) et qui impliqueraient des dizaines de femmes ou filles de marins livrées à elles même (les marins basques naviguaient alors jusqu’aux confins septentrionaux de Terre Neuve). Pierre de Lancre prend sa mission très au sérieux – il n’est pas dit qu’il se laissera duper par Lucifer. Il a à sa disposition mille moyens de faire avouer les sorcières, dont évidemment la torture, dont il use avec une gourmandise suspecte. Mais surtout, au-delà des aveux, ce qu’il espère, ce qui le fascine, c’est la description détaillée du sabbat endiablé (le fameux « akelarre », en basque) au cours duquel il suspecte les filles d’avoir offert corps et âmes au Démon. Comprenant rapidement que leur cause est entendue, leur sort scellé avant d’avoir été jugées, que l’envoyé du Roi les a décidées coupables, les supposées sorcières ne voient d’issue que dans le retour des hommes, à quelques lunes de là. Jouant la montre, elles décident d’offrir à Pierre de Lancre l’objet de sa convoitise : le récit fascinant, avec moult détails, de la supposée fête orgiaque – et même, pourquoi pas, lui proposer d’y assister ?

Pablo Agüero dresse, à travers cet impeccable huis-clos carcéral, à la lisière du fantastique, un tableau esthétiquement superbe, remarquablement en phase avec l’affirmation du féminisme moderne. Les femmes aux corps jeunes et libres, dont les habits blancs et volatils sont magnifiés par les flammes, écrasent de leur vitalité les hommes d’église venus les condamner, enfermés dans leurs habits lourds et sombres, leurs secrets inavouables, leurs désirs inassouvis et leurs frustrations pathétiques.