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Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
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Le monde du silence
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LES VOLEURS DE CHEVAUX

Yerlan NURMUKHAMBETOV et Lisa TAKEBA - Kazakhstan / Japon 2019 1h24mn VOSTF - avec Mirai Moriyama, Samal Yeslyamova, Madi Menaidarov, Dulyga Akmolda...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES VOLEURS DE CHEVAUXComme les garçons-vachers qui convoyaient leurs troupeaux dans les vastes plaines nord-américaines encore peu habitées, l’immensité des steppes du Kazakhstan, bordées de montagnes qu’on croirait infranchissables, sont lentement traversées par de paisibles éleveurs de chevaux, plus tellement nomades mais toujours pas tout à fait sédentarisés. L’histoire se passe à la fin du siècle dernier, quelques temps après la chute du bloc soviétique qui a si profondément ébranlé la société kazakhe mais, tout comme le lieu, l’époque, le genre – western, eastern –, elle est intemporelle et universelle.

Elle nous est contée à hauteur d’enfant : celle d’Olzhas, 12 ans, qui vit avec sa famille dans les steppes kazakhes. Les paysages qui l’entourent sont d’une beauté époustouflante mais la vie y est rude. Son père, Odasyn, est éleveur de chevaux et part vendre quelques têtes de son troupeau dans un village voisin. Olzhas l’accompagnerait bien, mais il doit rester pour aider sa mère dans les travaux des champs. Il sait cependant qu’avec d’autres gamins de son âge, il pourra échapper à la vigilance des adultes pour espionner un couple de jeune amants qui se retrouve à la cascade. Et tandis qu’Olzhas vit sa vie d’enfant, faite d’insouciance et de découvertes, son père Odasyn et les deux paysans qui l’accompagnent tombent dans une embuscade, sont trahis et exécutés par des voleurs. Tout va très vite : rapatriement des corps, obsèques, la famille est mise au ban de la petite société et contrainte à l’exil. Le jour-même de l’enterrement d’Odasyn, un inconnu énigmatique arrive au village. Seule Aigul, la mère d’Olzhas, semble connaître cet homme dont le retour, après huit années d’absence, ne semble pas la remplir d’une joie extrême. Il se propose cependant pour aider au déménagement d’Aigul et de ses enfants – et s’intéresse particulièrement au petit Olzhas. Escortée par les chevaux rescapés du troupeau d’Odasyn, eux-même guidés par le nouveau venu, la petite troupe se met doucement en chemin, au travers des steppes arides.

Des cavaliers taiseux, d’immenses paysages poussiéreux trop grands pour les personnages qui les habitent, quelques échanges de coups de feu, un drame et une possible soif de vengeance : tous les ingrédients du western classique seraient réunis. Mais si le cadre, austère et sublime, est bien là, le far-east n’est pas exactement le far-west, et le récit du film de Yerlan Nurmukhambetov et Lisa Takeba prend subrepticement des chemins de traverse, donnant autant d’importance à l’évocation des travaux des champs ou des rites funéraires musulmans qu’à des scènes d’action sèchement expédiées. Brinquebalés par des adultes qui ne savent que taire des vérités trop douloureuses, les enfants, Olzhas en tête, s’efforcent de raccrocher des bribes de conversations, des fragments de scènes entrevues par les fenêtres, pour comprendre ce qui leur arrive – comme ce qui leur est pris. De vengeance, tout compte fait, il ne sera pas vraiment question. Les grandes chevauchées se feront plutôt lentement, au pas tranquille des animaux. Aux yeux d’Olzhas, la mort de son père est presque effacée par cet autre événement que constitue l’entrée d’un homme inconnu dans sa vie, avec lequel il se trouve une certaine complicité – forcément mystérieux, forcément fascinant. Et s’il doit y avoir une résolution au meurtre d’Odasyn, tout l’enjeu pour l’enfant tient d’abord dans l’évocation, teintée d’un discret onirisme, des origines de ce mystère.

Magnifiquement filmé à quatre mains par la rencontre improbable d’un cinéaste kazakh et d’une réalisatrice japonaise, âpre et grandiose, tout en émotion contenue, Les Voleurs de chevaux est une magnifique découverte et une grande réussite.