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MÉDÉE

Pier Paolo PASOLINI - Italie 1969 1h50mn VOSTF - avec Maria Callas, Giuseppe Gentile, Laurent Terzief... Scénario de Pier Paolo Pasolini d’après le mythe d’Euripide.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MÉDÉERéalisé avant sa Trilogie de la Vie (Le Décameron, Les Contes de Canterbury, Les Mille et Une Nuits), trois adaptations littéraires qui engageaient un dialogue optimiste et trivial avec le public populaire, Médée clôt un cycle de films explorant les origines du mythe et du sacré, qui fascinaient Pasolini. Le cinéaste présentait lui-même son film comme « l’exténuation du thème religieux », qui lui permit ensuite de s’adonner aux plaisirs de la trivialité et de l’érotisme, prélude au plongeon dans l’abyme de Salò ou les 120 journées de Sodome.

Un film culte finit toujours par prendre la poussière, un film maudit n’en finit jamais de revenir la mordre et donc de revenir tout court. C’est le cas de Médée, de Pasolini (1970), un western aride et archaïque, sanglant et symboliste, qui a tout pour défier le spectateur d’aujourd’hui comme il déconcerta celui d’hier. Médée est à peu près le contraire d’une illustration de tragédie grecque. Le mythe, mis en forme par Euripide, de la magicienne passée de l’Asie à la Thessalie, aimée et trahie par Jason, puis mère infanticide, n’est qu’un point de départ. À travers l’itinéraire de son héroïne, Pasolini fantasme, réinvente un monde perdu, une nuit des temps antérieure à l’hellénisme, entre barbarie et sacré. Et au milieu du fabuleux « délire d’interprétation personnelle » (Jean-Louis Bory) propre au cinéaste poète, il y a l’anomalie Maria Callas dans le rôle-titre. À l’époque, les attentes de grand spectacle attachées à son nom contribuèrent à l’échec sans appel du film. Aujourd’hui, elle est la première raison de le (re)voir. Mais pas comme une bête curieuse, un sphinx ou une décalcomanie prestigieuse collée sur la toile de Pasolini. L’adresse du cinéaste est précisément d’avoir su faire disparaître la vedette et faire apparaître son clone cinématographique, vierge de tout faste scénique : un vrai corps et non une icône ou un mythe. Pasolini filme la Callas comme il filme les hommes : il enregistre une présence charnelle, vulnérable, émouvante, offerte. Cette manière de profanation, au seul bénéfice du cinéma, était sans précédent et resta sans suite. Compte tenu de son échec, Médée fut la seule incursion de la chanteuse à l’écran.

D’après Olivier Père d’Arte et Louis Guichard de Télérama.