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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
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Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

LES SAINTS INNOCENTS

Mario CAMUS - Espagne 1984 1h48mn VOSTF - avec Francisco Rabal, Alfredo Landa, Terele Pávez, Juan Diego, Belén Ballesteros, Susana Sánchez... D’après Los Santos Inocentes de Miguel Delibes. Prix de la Meilleure Interprétation Masculin à Cannes en 1984.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES SAINTS INNOCENTSUne photo de famille se précise, comme sous l’effet d’un bain de révélateur. Il y a Paco, un paysan, sa femme Regula tenant dans ses bras une fille, sorte de grande poupée de chiffons, les deux autres enfants, adolescents, Quirce et sa sœur Nieves, et le vieil Azarias, frère de Regula. Cette famille est au service d’un propriétaire de l’Estramadure. En servitude serait un terme plus exact. Car Paco et les siens s’échinent sur les terres ou à de basses besognes et sont traités sinon comme des bêtes, du moins comme des objets.

Cette histoire n’est pas située, comme on pourrait le croire, au dix-neuvième siècle, mais dans l’Espagne des années 60. Des pauvres gens, résignés, courbent la tête, subissent un système encore féodal. Seuls, Quirce et Nieves finiront pas se libérer, lui à l’armée, elle à l’usine.
Mario Camus a filmé une Espagne grise et brumeuse, un domaine froid où les paysans n’ont droit qu’aux guenilles, à la crasse, aux mauvaises odeurs, aux taudis. La visite de la marquise à ses sujets, sa charité hypocrite laissent entendre que rien ne peut changer.
Alfredo Landa compose de façon saisissante et véridique Paco pliant devant la morale des seigneurs et l’humilité de sa condition. Francisco Rabal est méconnaissable en Azarias, sénile, sale, larve humaine semant ses excréments partout puis se faisant l’instrument du destin. Les deux acteurs ont reçu un prix d’interprétation au Festival de Cannes 1984. Dans le rôle de Regula, la mère portant un monde de douleur et d’amour meurtri sur ses épaules, Terele Pavez en aurait mérité un aussi.

(Jacques Siclier, Le Monde)