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Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
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Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Lundi 1er JUILLET 2024 à 20h15

SOIRÉE-DÉBAT Art et culture en prison : des leviers de réinsertion


Organisée par l’association CITOYENS & JUSTICE
Projection suivie d’un débat avec Stéphanie Lassalle, responsable du pôle accompagnement des personnes condamnées à Citoyens & Justice, Audrey Sedmi, Directrice du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (unité milieu fermé Bordeaux- Gradignan), Natacha Nottin, coordinatrice socio-culturelle à la Maison d’arrêt de Bordeaux-Gradignan, et Anne-Cécile Paredes, photographe, autrice et metteuse en scène (compagnie Ola) : elle intervient à la Maison d’arrêt de Bordeaux-Gradignan depuis mars 2022.
Achetez vos places à l’avance au cinéma, à partir du Vendredi 21 Juin.

TEHACHAPI

Film documentaire de JR - France / Suisse 2023 1h32mn VOSTF

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TEHACHAPIEn octobre 2019, JR obtient la permission d’intervenir au sein d’une prison de sécurité maximale située dans la ville de Tehachapi, en Californie. Il s’y rend une première fois pour rencontrer 28 prisonniers, et leur présente le projet qu’il a en tête pour la cour de la prison. Tehachapi est l’une des prisons les plus violentes des États-Unis. La plupart des prisonniers y sont incarcérés depuis au moins dix ans, et certains y purgent une peine à perpétuité, sans possibilité de sortir un jour, pour des crimes commis alors qu’ils n’étaient encore que mineurs.
JR les photographie un par un, et leur demande de raconter leur histoire face caméra. Chacun a la liberté d’offrir le témoignage qu’il souhaite. JR photographie également d’anciens prisonniers, ainsi que des membres du personnel de la prison. Au total, il rassemble les portraits et les histoires de 48 personnes, apportant autant de regards différents sur l’univers carcéral.

Dans le sillage de son travail photographique, entre sociologie et geste conceptuel, l’artiste français (Face2Face, Inside Out, Visages Villages) donne à voir les visages de prisonniers américains ostracisés et signe ici l’un de ses documentaires les plus politiques, à la fois critique du système carcéral et éloge du pardon.
Hypermédiatisé et anonyme derrière ses lunettes noires, amateur de dispositifs grandioses et observateur ultra lucide des réalités sociales qu’il décortique : l’artiste français rendu célèbre par ses collages photos, n’est pas à un paradoxe près. C’est cette ambiguïté qui a fait de lui un passionnant portraitiste des minorités et des oubliés. Entre 2004 et 2006, lors des émeutes provoquées par la mort à Clichy-sous-bois de Zyed Benna et Bouna Traoré, coursés par la police, il agrandit les visages des émeutiers sur les murs de Montfermeil,. En 2017, il placarde à la frontière américano-mexicaine une fresque montrant des yeux, pour protester contre le mur érigé par l’administration Trump.

Son dernier documentaire, Tehachapi, salué au Festival de Telluride, creuse encore ce sillon politique à travers la reconnaissance et l’exhibition de l’altérité. Pendant trois ans, JR a travaillé avec les détenus de cette prison de haute-sécurité située dans le désert californien. Surnommée Supermax, cette citadelle incarne la politique carcérale déshumanisante des États-Unis : en grande majorité condamnés à perpétuité pour des délits commis alors qu’ils étaient mineurs, certains de ces criminels ne reverront jamais le monde extérieur. Autarcie, déni d’une société qui a fait le choix de parquer consciemment ses prisonniers plutôt que de les réinsérer : puisque tout est fait pour qu’on ne les voit plus, JR va imposer leur visage et leur histoire par-delà les murs de béton.
Armé de son appareil photo et de son portable, curieux mais jamais intrusif, il imprime les stigmates de leur peau, les rides et les remords, en multipliant les effets de mise en scène (format vertical qui donne la sensation d’immédiateté des témoignages, voix off introspectives, plans silencieux sur les espaces carcéraux). L’artiste touche soudain à une dialectique inattendue : tandis que les détenus collent leur portrait dans la cour de la prison, ils expriment l’envie d’effacer leurs tatouages de croix gammée ou de skinhead, derniers vestiges d’une jeunesse violente, d’une appartenance révolue à des gangs. Faire disparaître une marque du passé pour la remplacer par une nouvelle image. Bel exercice de réhabilitation que la société refuse à ces détenus, et que JR leur offre grâce à son intervention ! En cela, Tehachapi est un documentaire précieux sur les plaies qu’on colmate par l’art, l’ostracisme social qu’on combat par le renouvellement de l’identité. Dans un monde de plus en plus divisé, où chacun possède sa propre vérité, et où le dialogue semble parfois impossible, comment l’art peut-il changer les choses, telle est la question !