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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

COMME UN LION

Samuel COLLARDEY - France 2012 1h42mn - avec Marc Barbé, Mytri Attal, Anne Cœsens, Marc Berman, Jean-François Stevenin... Scénario de Catherine Paillé, Nadège Trebal et Samuel Collardey. Pour les enfants à partir de 10 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

COMME UN LIONSamuel Collardey, c'était un premier film magnifique : L'Apprenti, en 2009. Coup d'essai couvert de récompenses dont le Prix Louis Delluc de la meilleure première œuvre. Il nous revient avec une nouvelle histoire d'apprentissage mais cette fois nous ne sommes plus dans une exploitation agricole du Haut-Doubs mais dans le monde méconnu des jeunes Africains qui rêvent de devenir footballeurs en Europe. Comme un lion est une superbe fable moderne, nourrie d'une solide approche documentaire qui faisait déjà tout le prix de L'Apprenti. C'est toujours aussi beau et remarquablement filmé : Collardey, chef opérateur de formation, apporte un soin tout particulier au cadrage et à la composition de l'image, et ça se voit à l'écran.

Mitri a quinze ans et vit dans un village au Sénégal. Comme tous les gamins de son âge, il joue au foot en rêvant du Barça ou de Chelsea. En rêvant d'avoir lui aussi un jour son nom inscrit au dos de son maillot… Mais lui, il a un vrai don, de l'or dans les pieds. Alors le jour où un recruteur s'annonce au village pour superviser les jeunes joueurs du club, c'est l'effervescence. Mitri se dit que c'est la chance de sa vie et il est bien décidé à tout faire pour être remarqué. Et il l'est… Mais il ne suffit pas de savoir bien jouer au foot, encore faut-il pouvoir payer les frais que demande le recruteur pour organiser le voyage en France, l'accueil à Paris. Pour rassembler l'argent, la grand-mère de Mitri va s'endetter auprès de toute la communauté.
Arrivé à Paris, rien ne se déroulera comme prévu et Mitri devra faire face à la dure réalité d'un monde où les magouilleurs ont la même tête que les gars honnêtes et où le talent n'est rien si on n'a pas les clefs pour ouvrir les bonnes portes. Pour le jeune garçon le retour est impossible, la honte sur sa famille serait insupportable. Il s'accroche et commence alors une odyssée de la débrouille qui le conduit jusqu'au département du Doubs, froide et improbable destination !
C'est pourtant là que Mitri croise le chemin d'une ancienne gloire du ballon rond aujourd'hui entraîneur des minots du coin, magnifique Marc Barbé, écorché et sensible, fier et déchu. Ce type bourru et mal léché va prendre Mitri sous son aile, lui faire comprendre que rien n'est acquis et qu'il faut travailler dur pour décrocher la lune. C'est une des très bonnes idées du film que de faire aboutir le parcours initiatique et géographique d'un gamin sénégalais dans la banlieue de Sochaux et de lui faire rencontrer cet ouvrier devenu footballeur, puis footballeur déchu et redevenu ouvrier. Deux trajectoires, deux destins qui n'avaient que peu de chance de se croiser et pourtant l'un va tendre la main à l'autre, une forte relation de confiance va peu à peu se construire et ensemble ils vont avancer, l'un vers son destin, l'autre vers un retour à l'envie, à la vie.

Le cinéma de Samuel Collardey nous emporte par sa générosité et par son authenticité. Rien d'étonnant à ça, Collardey va sur le terrain, il enquête, il cherche. Il est donc parti au Sénégal, rencontrer des gamins, des villageois jusqu'à rencontrer son Mitri. Il a aussi enquêté dans le milieu des clubs de foot et des centres de formation et c'est tout naturellement qu'il s'est appuyé sur le club de Sochaux, pas très loin de chez lui. Et sa générosité, son optimisme, ils les revendique : il dit qu'il a la naïveté de penser que le monde n'est pas complètement pourri et que l'accomplissement d'un rêve est possible. Comme un lion en est la parfaite illustration.