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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

EL CHINO

Écrit et réalisé par Sebastian BORENSZTEIN - Argentine 2010 1h40mn VOSTF - avec Ricardo Darin, Muriel Santa Ana, Ignacio Huang... Prix du public, Festival international de Rome 2011.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EL CHINOQue ça fait du bien de rire ! Hoy, Roberto ! Un regard enjôleur se cache sous son masque de grincheux permanent ! Bon, certes, c’est pas flagrant pour tout le monde. Le postier qui lui porte son courrier tous les jours sait qu’il y a des questions à éviter et s’aventure rarement en zone interdite, comprenant bien qu’il aura tôt fait de se faire rabrouer. Il n’y a bien que Mari, sa belle sœur, tout droit sortie de sa campagne, pour oser imaginer sous l’anthropophobie de Roberto un grand élan d’humanité et de générosité. À se demander si elle n’est pas un peu siphonnée, celle-là, à force de vivre loin de tout : une vie de solitude entre vaches, chiens et brins d’herbe. À croire qu’elle en fume, malgré ses airs si sages ! Mais non, c’est juste que son cœur a ses raisons que la raison ne saurait voir. De manière intuitive, elle attend patiemment le moment où se faufiler dans l’antre de cet ours bourru.

Faut dire que l’ours en question ne laisse pas beaucoup de portes d’entrée et qu’il n’y a aucune part laissée au hasard dans sa vie bien huilée. On a peine à imaginer la bouillonnante Buenos Aires sous le ronron de sa pimpante quincaillerie venue d’un autre temps, et qui semble avoir traversé les âges sans une once de poussière. Faut dire aussi que notre quincaillier est d’une méticulosité exaspérante et cocasse : à compter, recompter le moindre boulon, ce qui lui donne un excellent prétexte pour râler contre ses fournisseurs dès qu’il manque une vis dans une boîte de mille annoncées ! Une vie réglée à la seconde, comme le tic tac de son vieux réveil. Rassurante, sans mauvaise surprise, avec pour seule fantaisie le vrai plaisir de compléter sa collection au fil des jours et des articles de presse.
Et quelle collection ! Roberto est un découpeur en série de faits divers sordides, d’amours brisées en plein vol par des morts ridicules. Il en jubile, en rêve, se met en scène à la place des victimes. C’est comme un pied de nez à la camarde, à ses propres peurs qui semblent partir en éclats durant quelques instants de rire enfin libéré, débridé. À propos de « bridé », voilà qu’un jour, aussi mauvais que mon jeu de mots, un Chinois tombe sur sa vie comme une tuile. Une grosse tuile même, avec laquelle il est impossible de s’entendre. Barrière des langues, chocs des cultures et des tempéraments. Un chinois ne parlant pas un mot d’espagnol, expulsé de sa Chine natale par un de ces faits divers que Roberto affectionne : une vie brisée par un lancer de vache. Mais ça, Roberto ne le comprendra que bien plus tard. Pour l’instant son urgence, c’est de se débarrasser de l’indésirable, du grain de riz qui fait dérailler sa routine.
Mais n’est pas misanthrope qui veut. Il a beau s’attacher à être cynique, avoir toutes les raisons de détester l’intrus, Roberto n’arrive pas à abandonner notre Chinois aussi facilement. Il va devoir se le fader un temps, lui, ses jérémiades, son nez qui coule comme celui d’un morveux de 8 ans (alors qu’il en a 25 !). Adieu les petits repas tranquilles en solitaire, adieu la routine confortable. Et l’autre dinde de Mari qui continue de faire le pied de grue devant son cœur et sa boutique, comme s’il avait quelque chose à lui offrir ! Ah ! J’vous jure !

On peut aborder cette comédie hilarante, douce-amère par bien des bouts, elle recèle sous ses rires plus de finesse qu’on ne croit. Et quand Roberto refuse le cadeau qu’on lui fait d’un paquet de forets « anglais », c’est bel et bien que ces derniers ont laissés de vilaines traces dans sa vie, comme la guerre des Malouines.