Soutenez Utopia Palmer LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 8€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 5€
Moins de 18 ans : 5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

RIDICULE

Patrice LECONTE - France 1996 1h40mn - avec Charles Berling, Fanny Ardant, Jean Rochefort, Bernard Giraudeau, Judith Godrèche... 5 CESARS 1997 DONT MEILLEUR FILM.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

RIDICULEOn connaît tant de malheureux qui se damneraient pour un bon mot. Car avoir de l'esprit, même si l'on est dépourvu d'intelligence, a toujours permis de régner sur les sots. Hélas, l'esprit vous quitte souvent, dès lors que le temps vous rattrape. Prenez Monsieur de Blayac, par exemple, le triste héros du prologue de Ridicule. Durant des années, cette vieille chose qui attend la mort dans l'indifférence générale a régné dans les salons de Louis xv et du jeune Louis xvi. A l'époque, ses mots faisaient trembler. C'est lui qui, tandis qu'un courtisan maladroit chutait en dansant, s'était écrié : « Mais c'est le marquis de Patatras ! »...
Ce Patatras-là avait mis la cour en émoi. Et en joie. Une joie semblable à l'humiliation qu'inflige aujourd'hui à Monsieur de Blayac sa victime d'hier. Une humiliation sans retour. Après l'avoir subie, De Blayac ne peut que disparaître du film et de la vie. Lui et son pauvre esprit s'en vont rejoindre le néant qu'ils n'auraient jamais dû quitter. On existe si peu, en fait, quand on est homme d'esprit.

C'est bien ce que pense Grégoire Ponceludon de Malavoy (Charles Berling, remarquable comédien), noble provincial et désargenté qui, dans le Versailles de 1780, s'en vient plaider auprès du roi la cause de ses paysans mourant les uns après les autres dans les marais insalubres. Pauvre naïf ! Qui se soucie des autres à Versailles, où tout est jeu, hormis, bien sûr, le « moi je » ? La justice ? Foutaises ! La générosité ? À condition qu'elle serve les intérêts de celui qui la pratique. C'est dire que tout le monde se fiche comme d'une guigne des paysans de Ponceludon.
Heureusement pour lui, cet émule de Candide a deux atouts dans sa manche. Sa bonne mine, ce qui n'est pas rien. Et son esprit, ce qui est encore mieux.
Qui veut la fin veut les moyens. Et si, pour Henri iv, Paris valait une messe, quel orgueil imbécile empêcherait un idéaliste pur et dur de fréquenter le monde méprisable et fascinant de la Cour ? Dans le but de faire le bien, évidement. Mais aussi au risque de se perdre...

Tel est le sujet du film de Patrice Leconte : jusqu'où peut-on, faut-il, se compromettre ? Ne nous laissons donc pas abuser par les costumes, les perruques et les poudres qui, en apparence, figent les personnages dans une époque précise, en faisant mine de les éloigner de nous. Ridicule pourrait parfaitement être joué en complet veston et Rolex en or qui brille, troquant le son feutré des clochettes des antichambres contre le tintamarre bling bling des medias.