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À l'attention du Père Noël…
Dernière minute : le Père Noël a fait valoir ses droits à la retraite, le fonds de pension qui a repris l’activité a délocalisé les ateliers de production sur Saturne, les lutins ont été licenciés et les rennes se sont mis en grève - vous avez pensé à la bûche, au sapin, et aux sabots mais il n’...

SÉANCES BÉBÉS
Suite à un terrible oubli de notre part, il n’y aura pas de séances bébés jusqu’au 27 janvier… nous en sommes désolés.Mais pas de panique ! Elle reviendront dès la semaine du 28 janvier 2015 !... Lire SÉANCES BÉBÉS...

LES OISEAUX D'ARABIE, ERRATUM !!!!
Suite à une incompréhensible erreur d’aiguillage, la séance du film LES OISEAUX D’ARABIE prévue le 11 décembre en présence du réalisateur, apparaît dans les grilles imprimées dans nos gazettes à la date du 4 décembre. Merci de bien noter que : 1/ LES OISEAUX D’ARABIE est bien programmé le jeudi ...

SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE

(SNOWPIERCER) BONG Joon-ho - USA/Corée du Sud 2013 2h05mn VOSTF - avec Chris Evans, Son Kang-ho, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton, Jamie Bell... Scénario de Bong Joon-ho et Kelly Masterson d’après la Bande Dessinée de Benjamin Legrand, Jean-Marc Rochette et Jacques Lob.

INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGESnowpiercer aurait pu être « simplement » un très bon film, efficace et captivant, de science fiction ou plutôt d’anticipation (puisque l’action se passe dans un futur si loin si proche, en 2031). Le Coréen Bong Joon-ho nous avais déjà prouvé avec The Host qu’il avait le talent et la maîtrise pour réussir un super film de genre. Mais voilà Bong Joon-ho est bien plus que cela et, à l’instar d’un John Carpenter des grands jours, il sait transcender le genre fantastique pour porter un regard puissamment politique sur les dérives possibles de notre présent. Il faut dire que le hasard fait bien les choses, qui permit au réalisateur de de découvrir dans une bibliothèque Le Transperceneige, incroyable BD futuriste française de Lob/Rochette et Legrand qui changea la vie de pas mal d’amateurs de bulles dans le courant des années 80…

Le monde du Transperceneige est celui, formidablement fantasmatique, d’un immense train (de la longueur de quatre TGV et d’une largeur impressionnante) qui tourne sans fin autour de la terre tel un serpent dantesque. Et ce train est devenu le dernier refuge de ce qu’il reste de l’humanité, le monde s’étant enfoncé dans une ère glaciaire depuis que des petits malins ont cru avoir trouvé le remède miracle au réchauffement climatique dans des gaz disséminables dans l’atmosphère. Le résultat a été un peu excessif et toute la surface du globe s’est trouvée recouverte d’une épaisse couche de glace. Ce qui frappe d’abord, c’est donc le choc visuel, plastique : cet incroyable monstre de fer qui s’enfonce dans le blanc éternel. L’extraordinaire talent de mise en scène de Bong Joon-ho allié à l’inventivité folle et au professionnalisme des studios Barrandov en République tchèque… le résultat a de quoi épater le spectateur le plus blasé ou le plus imperméable à la SF…
Ce qui est vraiment passionnant, c’est la manière dont le réalisateur montre comment les pires travers de l’humanité, notamment la hiérarchie arbitraire entre classes, se sont reconstitués à l’intérieur du monstre de fer. Le créateur/gourou de la machine, Wilford (Ed Harris, énigmatique, charismatique), règne en maitre inflexible pour garantir le bien être d’une oligarchie qui opprime les occupants de l’arrière du train, parqués sur des paillasses superposées. Ces sous-prolétaires manquent de nourriture (exclusivement constituée de briques d’une étrange gelée), d’eau, de chauffage… tandis que Mason (méconnaissable Tilda Swinton : mâchoire prognate, nez de cochon, lunettes extravagantes et manteau de fourrure…), sorte de pasteur du dogme wilfordien, tente de leur faire comprendre que le maître de la machine fait tout pour leur permettre de survivre et qu’en conséquence ils se doivent d’obéir aux règles…

Mais l’heure de la révolte a sonné à bord du train, menée par Gilliam, le guide spirituel des sans voix (John Hurt, impeccable comme toujours), et Curtis, leur leader naturel (l’ironie du réalisateur a été de choisir Chris Evans, interprète de films de super-héros, ici dans un total contre emploi). La conquête de la liberté et de la dignité va donc passer par la remontée vers les wagons de tête, une avancée qui réserve de terribles surprises.
A travers ce film à l’action impressionnante, Bong Joon-ho, profondément marqué par le massacre des manifestants en 1980 à Gwanju, épisode sombre de l’histoire coréenne, signe un appel très clair au soulèvement révolutionnaire et au refus d’accepter l’intolérable au nom d’un prétendu pragmatisme. C’est aussi captivant qu’exaltant.