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CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR ter
Chers spectateurs, voici une information concernant l’accès au cinéma, pendant les travaux de la ligne 5 du tramway :- du lundi 6 janvier au 17 janvier 2020 : destruction et reconstruction de la rampe d’accès le long du bâtiment. Pendant cette période, et seulement cette période, le cinéma ne se...

CALENDRIER - ACCESSIBILITE PMR bis
Suite aux retards des travaux de la ligne 5 et donc, par extension, sur notre cinéma, la rampe d’accès sur le côté du bâtiment ne sera pas modifiée avant la rentrée des vacances scolaires. Le cinéma reste donc accessible aux fauteuils roulants jusqu’au 5 janvier inclus.Avec toutes nos excuses po...

CALENDRIER - ACCESSIBILITE PMR
Chers spectateurs, voici une information concernant l’accès au cinéma, pendant les travaux de la ligne 5 du tramway :- du 14 novembre au 2 décembre 2019 : destruction et reconstruction de la rampe d’accès le long du bâtiment. Pendant cette période, et seulement cette période, le cinéma ne sera p...

MÊME PAS PEUR !

Ana Dumitrescu - France 2015 1h40mn - Avec les interventions passionnantes de Samia Orosemane, Didier Heiderich, Natalie Maroun, Odon Vallet, Halim Mahmoudi, Yannis Youlountas et d'autres...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

Il y a eu, le 7 janvier, comme une déflagration. Puis le 11 janvier. Aux drames ont succédé les manifestations, les marches, à la peur s'est substituée l'émotion – avant de réapparaître, savamment entretenue. Les accusations, les anathèmes, les injonctions ont fleuri – au rythme où l'éditocratie commençait si rapidement à digérer l'événement, les articles de presses incantatoires se muant sur les étals des libraires en piles de bouquins, de Philippe Val en Emmanuel Todd, enquêtes vite bâclées, essais torchés ou retouchés à la hâte. Chacun distribuant bons et mauvais points, chacun désignant ses coupables, chacun s'efforçant à son gré de dé-contextualiser, dé-sociologiser, déshumaniser l'histoire.

C'est à peu près là que Même pas peur ! prend racine. Après l’effroi, donc, le film se veut comme un déclencheur d’alerte, un réflexe citoyen devenu essentiel pour la réalisatrice, afin d’éviter que la peur ne dicte la raison. Prendre à rebours le problème, essayer, au travers d'une « photographie sociale » sans pathos mais sans angélisme, de remonter les fils de l'histoire pour comprendre quelles sont les mailles qui ont lâché. Et de plus en plus largement, de fil en aiguille, de quel projet de société il est question. À la manière de son précédent documentaire d’urgence, Khaos, les visages humains de la crise grecque, où elle captait les ravages de l’austérité, Ana Dumitrescu opte pour le témoignage presque impulsif. Avec ses interlocuteurs, elle reprend, mais à une autre échelle, la question de l’identité nationale, cristallisée par les attentats, de la manipulation de la peur. Elle interroge indifféremment des citoyens, des chercheurs et des acteurs de la société civile comme Natalie Maroun, analyste des médias, qui parlera de sa propre difficulté à être acceptée en tant que Française sur notre territoire. Pour l'essentiel, des voix plutôt rares, dans le débat public. Et leur laisse le temps de faire cheminer leur pensée. Elle pointe aussi la responsabilité de la République dans l’enfantement de tels « monstres », auteurs des attentats.

« Cette peur collective de l’autre est un enfumage face à des réalités économiques bien réelles avec des diminutions des droits sociaux, des suppressions de postes dans les hôpitaux… quand le pouvoir d’achat des actionnaires ne cesse d’augmenter. »

(avec Audrey Loussouarn, l'Humanité)