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KAILI BLUES

Écrit et réalisé par BI GAN - Chine 2015 1h50mn VOSTF - avec Luo Feiyang, Xie Lixun, Yongzhong Chen, Zeng Shuai... Festival des Trois Continents, Nantes 2015 : Grand Prix, Montgolfière d'Or. Poèmes de Bi Gan.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

KAILI BLUESC'est un premier film d'une beauté irradiante, œuvre d'un tout jeune réalisateur de 26 ans qui représente la relève d'un cinéma chinois décidément passionnant. Dès les premiers plans on est saisi par l'étrangeté fascinante de Kaili Blues, chronique tantôt sociale tantôt métaphysique qui nous plonge au cœur de Kaili, dans l'état montagneux et subtropical de Guizhou : un univers humide et brumeux, où la chaleur moite semble perpétuellement coller à la peau des personnages.
Chen exerce la fonction de médecin dans un vieux cabinet décrépi, associé à une vieille doctoresse avec qui il semble former un duo uni par les blessures de la vie. On comprend vite que le passé de Chen fut tourmenté, qu'il a fait un long séjour en prison à cause de relations étroites avec les triades, et que pendant son incarcération sa femme est décédée, le laissant à jamais solitaire. Ce qui le raccroche à la vie, c'est son neveu Weiwei dont il s'occupe au mieux alors que son père joueur et fêtard le délaisse totalement.



La vie de Chen va basculer quand son irresponsable de frère va vendre Weiwei, aussitôt exilé dans un village lointain ! L'objectif de Chen désormais, c'est de faire le voyage – qui sera autant intérieur que physique – pour récupérer Weiwei coûte que coûte. Son amie doctoresse en profite pour lui confier une cassette audio destinée à un vieil amour de jeunesse à qui elle veut envoyer un dernier message avant qu'il ne soit trop tard…
Kaili Blues est un film magnifique consacré au voyage et à l'errance vus non seulement comme une ouverture sur l'ailleurs et sur l'autre, mais aussi comme une redécouverte de soi. Le voyage s'accomplit par tous les moyens possibles : train, vespa brinqueballante ou bac fluvial, tous ces déplacements filmés avec un brio de mise en scène qui force l'admiration. On pense notamment à ce plan séquence de quarante minutes – dont on se demande comment il a pu être tourné – qui permet de découvrir tous les recoins de l'étrange village de Dangmai, minuscule port au bord du fleuve.

Bi Gan se plaît à balader le spectateur au fil de flash back improbables, dans un esprit très bouddhiste où se mêlent le passé, le présent et le futur. C'est dans ces allers et retours que se construit toute la richesse du personnage, interprété d'ailleurs (comme la quasi-totalité des rôles du film) par un non professionnel, lui-même repris de justice, qui dégage une intense authenticité – sans compter sa ressemblance étonnante avec le cinéaste fétiche de Bi Gan, Hou Hsiao Hsien (celui qui vient de nous offrir l'incroyable The Assassin). Et comme souvent dans le cinéma asiatique, la beauté des paysages magnifiés par la mise en scène va à l'unisson de celles des âmes. La brume se lève sur la vallée de Kaili alors que le destin de Chen s'ouvre enfin à la lumière.