Loading
LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 47€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

CINÉ TRICO'THÉ
Édition spéciale : journée mondiale du tricot !APPEL A CONTRIBUTIONPour cette fois-ci nous vous proposons un tru un peu spécial … tricoter une petite pièce, peu importe la taille, la forme ou la couleur, pour faire du Yarn Bombing !     Quésaco ? Le Yarn Bombing consiste à re...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Mangez-vous les uns les autres (petite histoire du cannibalisme au cinéma)
Et si le cannibalisme organisé était, face à la pénurie future des ressources alimentaires, une solution d’avenir ? C’est l’hypothèse émise dans Soleil Vert en 1973. Le cannibalisme, tabou ultime de nos sociétés occidentales, a été pratiqué partout et en tout temps, la transsubstantiation chrét...

UN PAESE DI CALABRIA

Shu AIELLO et Catherine CATELLA - Italie/France 2016 1h34mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN PAESE DI CALABRIAC'est une bouffée d'espoir, un souffle d'optimisme qui nous arrivent de Calabre, cette pointe de la botte italienne, pas touristique pour une lire, contrairement à la Sicile toute proche. Plus précisément d'un petit village à l'intérieur des terres, Riace. Un village frappé, comme beaucoup d'autres dans le coin, par un exode rural qui ne date pas d'hier, dans cette région agricole et pauvre qui fut longtemps une très importante terre d'émigration, grossissant une diaspora calabraise particulièrement nombreuse en France, mais surtout aux Etats Unis – au point que les Calabrais sont plus nombreux hors d'Italie que dans leur région d'origine.
A Riace, il s'est passé à la fin des années 1990 quelque chose d'improbable qui a inversé la tendance : un premier arrivage de 200 Kurdes sur les côtes, à quelques kilomètres. Et au lieu du rejet, ou de la simple compassion, l'idée de génie des habitants et de l'incroyable maire, Domenico Lucano : considérer les nouveaux arrivants comme une véritable chance pour le village et leur proposer de s'installer tous en réhabilitant les maisons abandonnées. Un coup de jeune salutaire pour la petite communauté, à l'époque largement composée de retraités ! Pas loin de vingt ans plus tard, Riace est devenu un exemple mondial d'accueil intelligent des migrants, qui ont grandement contribué à faire renaitre un village dans une société recomposée, respectueuse autant des traditions que des cultures des nouveaux arrivants…

Les deux réalisatrices marseillaises Catherine Catella et Shu Aiello se sont immergées au cœur de cette passionnante expérience en se nourrissant de leur origines calabraises. Elles superposent aux images d'aujourd'hui le récit en voix off de la grand-mère de l'une d'elles, partie de Calabre dans les années 1930 pour rejoindre le Sud de la France, rappelant intelligemment qu'autrefois les immigrés c'étaient eux, ces Italiens qui sont aujourd'hui confrontés à l'arrivée massive des migrants…
La caméra attentive et discrète des deux réalisatrices sait capter le quotidien tantôt drôle, tantôt touchant de cette cohabitation heureuse : autour d'un jeu de dames, la complicité entre un vieux Calabrais parlant à peine italien et un des premiers Kurdes arrivés au village ; ces messes improbables dans un pays très catholique où le curé, pourtant peu enclin à l'œcuménisme, a fini par inviter chacun à s'exprimer selon sa religion ou sa culture ; l'effervescence créée par des enfants fraichement arrivés d'Egypte ou de Syrie dans une école autrefois moribonde… Sans angélisme (le film ne fait l'impasse ni sur la menace de la n'drangheta, l'implacable mafia calabraise, ni sur l'aspiration d'une partie des plus jeunes migrants à quitter Riace pour les grandes villes), Paese di Calabria est une formidable leçon d'optimisme pragmatique et humaniste à l'encontre de tant de politiques d'exclusion démagogues.