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À force de tricoter bien au chaud, en papotant au ciné, un projet est né : l’envie de réaliser un ouvrage collectif, de petits carrés d’environ 10cm x10cm, cousus les uns aux autres pour former des couvertures. Que nous enverrons à l’Auberge des migrants, à Calais. L’hiver approche – plus ru...

CINÉ TRICO'THÉ
    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 4 novembre pour la séance de OTEZ-MOI D’UN DOUTE à 13h50. Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h20 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

DE SAS EN SAS

Rachida BRAKNI - France 2016 1h22mn - avec Zita Hanrot, Samira Brahmia, Judith Caen, Fabienne Babe, Lorette-Sixtine, Souad Flissi, Meriem Serbah, Salma Lahmer... Scénario de Rachida Brakni et Raphaël Clairefond. Prix du Public, Festival Entrevues de Belfort 2016.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DE SAS EN SASC’est le premier film d’une actrice qu’on aime beaucoup, une actrice au fort tempérament, Rachida Brakni, qui nous donne un film qui lui ressemble, débordant d’énergie, vibrant d’une liberté de ton irréductible. Un film de femmes qui se déroule dans un monde d’hommes : la prison. Qu’on va découvrir non pas du côté des détenus mais du côté de celles qui viennent leur rendre visite, à l’occasion des fameux parloirs.
On va donc suivre un groupe quasi exclusivement composé de femmes – seul un vieil homme en fait partie –, épouses, compagnes, mères, sœurs, accompagnées éventuellement par leurs enfants, venues voir, par un été caniculaire, leur proche incarcéré à la tristement célèbre Maison d’arrêt de Fleury Mérogis, détentrice du non moins triste record du plus grand centre pénitentiaire d’Europe. Et autant dire que son accès est labyrinthique, réglementé par le franchissement de sas successifs, de contrôles si nombreux et pointilleux qu’il peut s’écouler une bonne heure entre l’entrée de la visiteuse et le moment où elle parvient enfin à voir son proche. Un monde d’attente et de tension fait de rituels mais aussi d’imprévus.

Rachida Brakni s’est non seulement inspirée de son expérience personnelle – pendant plusieurs années elle est allée régulièrement voir un proche à Fleury-Mérogis – mais aussi d’un fait divers survenu pendant l’été 2003, celui de la plus redoutable canicule des dernières décennies : les détenus avaient déclenché une mutinerie face à la chaleur insoutenable en cellule.
C’est donc dans une ambiance électrique que va se dérouler cette visite pour ce groupe éclectique. Électrique car contrairement aux clichés, il n’y a pas d’uniformité sociale ni ethnique chez celles qui sont amenées à se rendre à Fleury en visiteuses. Mère avec son enfant, jeune étudiante, jeune épouse à peine arrivée du bled, femmes plus mûres déjà rodées aux habitudes de la prison donc aux petits arrangements avec les surveillants – pour ces femmes qui subissent par ricochet la punition et l’enfermement de leur proche, l’arbitraire carcéral peut devenir une réalité, la pression machiste peut se faire sentir, certaines y résistent, d’autres au contraire tentent d’en obtenir avantage.



Au final Rachida Brakni montre toute la complexité de la situation – ou plutôt des situations, qui peuvent être totalement différentes –, tant pour chacune des visiteuses que pour chacun des surveillants, qui ne sont en aucun cas caricaturés, eux aussi parfois victimes d’un système qui génère une violence intrinsèque. La mise en scène, avec son image large qui raréfie l’air autour des personnages et accentue la pression du décor, rend bien l’atmosphère pesante, tension et enfermement. Et ce n’est pas une surprise, la réalisatrice a remarquablement choisi ses actrices, notamment Zita Henrot, révélée par le magnifique Fatima de Philippe Faucon (elle jouait la fille aînée) ou la trop rare Fabienne Babe… sans oublier des non professionnelles venues des horizons les plus divers et toutes parfaitement crédibles.