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De l'influence des rayons Gamma sur le comportement des marguerites

(The effet of the gamma ray on the man-in-the-moon marigolds) Paul NEWMAN - USA 1973 1h40mn VOSTF - avec Joanne Woodward, Nell Potts, Roberta Wallach, Judith Lowry... Scénario d'Alvin Sergent, d'après le roman de Paul Zindel, Prix Pulitzer 1971.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

De l'influence des rayons Gamma sur le comportement des margueritesIl était une fois un tout petit cinéma, bricolé avec trois francs six sous par une poignée de joyeux drilles qui s'étaient donné pour mission, au début des années 70, de sortir dans la bonne ville d'Aix en Provence des films qu'il était impossible à l'époque de voir en province. Ce petit cinoche, le « Seize  35 », finalement bouté hors de la cité par les plus hautes autorités morales et religieuses, était, vous l'avez compris, l'ancêtre d'Utopia. Au cours des trois années de sa trop brève existence, quelques centaines de films défilèrent sur ses écrans, avec tant de bonheur que 35 ans après, il nous arrive encore d'être interpellés à Utopia selon une formule devenue rituelle : « Vous n'étiez pas à Aix en Provence au début des années 70 ? ». Et de manière tout aussi rituelle, s'échangent alors en rafale quelques titres de films parmi les plus marquants de l'époque. Eh bien, le croiriez-vous, De l'influence des rayons gamma… figure toujours en tête des films dont le souvenir jamais ne s'effaça dans la mémoire de nos anciens spectateurs.
Le problème, me direz-vous, avec les films inoubliables, c'est qu'à les revoir des années plus tard, on risque bien d'être déçu… Aussi, en cet an de grâce 2008, lorsque le Festival de Cannes, dans sa série des hommages rendus aux films primés, projeta De l'influence des rayons gamma… en copie neuve remasterisée et tout et tout, c'est avec un petit pincement au cœur que j'allais tâter des biscotos d'une si vieille connaissance. Et miracle, dans une salle comble composée à 90% de spectateurs d'un âge certain, qui avaient sans doute été travaillés par un bouche-à-oreille d'enfer depuis 35 ans, surgissait Miss Hunderfer et ses bigoudis sur la tête, dans un film dont l'intensité dramatique n'avait pas baissé d'un iota depuis ces séances au « Seize 35 », à la fin desquelles, invariablement, les spectateurs restaient cloués dans leur fauteuil jusqu'au dernier mot du générique. Et pourtant il n'avait pas fait dans le glamour, le beau Newman ! Aller pondre un film pareil avec l'histoire d'une presque quadra abandonnée par son mari et qui élève seule ses deux filles, ce n'était pas gagné d'avance. Qu'on en juge…

Miss Hunderfer, donc, la quarantaine toute proche, vit avec ses deux gamines, âgées de 13 et 17 ans, dans une petite maison de la banlieue ouvrière de Brigeport, dans le Connecticut. Sa nature fantasque, qui devait faire sans doute merveille quand elle avait 20 ans et un minois charmant, lui avait permis à cette époque de devenir la coqueluche du collège, et c'est sans coup férir qu'elle avait, supplantant ses copines, tiré ce qu'elle croyait être le gros lot : en l'occurrence le plus beau garçon de l'équipe de base-ball.
Le conte de fée s'était terminé plutôt mal, le bel étalon s'étant révélé à l'usage brutal, inconstant et alcoolo. Et Miss Hunderfer s'était retrouvée bien vite toute seule dans la vie civile, à devoir ramer pour élever la couvée. Ce qui était charmant à 20 ans, ce qui faisait marrer les copines, craquer les copains et sourire les profs, avait fini avec le temps par devenir exaspérant pour son entourage. Son voisin même, un mécano plutôt sympa, qu'elle tentait d'amadouer à coups de tartes et de café américain, avait tendance à la fuir, et ses filles elles-même, ballotées dans un quotidien incertain, vivaient dans la hantise d'être vues par les copines dans la vieille guimbarde maternelle toute rouillée. Pour ajouter à ses charmes, Miss Hunderfer était toujours fringuée comme l'as de pique et se trimballait à la maison, toute la journée, dans un peignoir qui la mettait à l'abri de toute concupiscence. Un lapin qui faisait ses crottes partout et une vaisselle sale qui s'empilait à longueur de journée dans l'évier achevaient de planter un décor dans lequel mère et filles tournaient en rond en se chipotant.
Dans cette atmosphère délétère, Miss Hunderfer vivait de rêves et peaufinait des recettes de tartes pour ouvrir un salon de thé. Mais comme il faut bien vivre, elle accueillait une vieille dame en fin de vie, dont le revenu faisait tourner vaille que vaille la maisonnée. On le voit, hélas, l'ambiance n'était pas au glorieux « american way of life »… Jusqu'au jour où marguerites et rayons gamma entrèrent dans la danse…
Ne vous privez donc pas du bonheur de voir ce film en copie neuve, tout exprès tirée pour vous par le bien nommé distributeur « Splendor Films », ne serait-ce que pour nous lancer à votre tour, quelque part en France dans 35 ans : « Vous n'étiez pas à Bordeaux au début des années 2000 ? »

PS : Joanne Woodward, qui interprète magnifiquement le rôle de Miss Hunderfer (Prix d'Interprétation à Cannes 1973) était et est toujours l'épouse de Paul Newman. Par ailleurs, sous le pseudonyme de Nell Potts, qui joue la plus jeune des filles, se cache la propre fille du couple… Une belle histoire de famille, décidément.