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Le blog des profondeurs...
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Après «120 BPM», épargnez-nous vos louanges
Tribune de Didier Lestrade, journaliste, écrivain, cofondateur d’Act Up et de Têtu, parue dans Libération le 30 mai 2017 Il y a encore deux mois, ma mère me disait à table : ­«Didier, tu as tout fait contre le sida, c’est bien, maintenant, il faut que tu tournes la page et que tu écrives sur a...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ
    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 9 septembre pour la séance de DJAM à 14h.Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h30 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

HANA-BI

Takeshi KITANO - Japon 1997 1h43mn VOSTF - avec Takeshi kitano, Kayoko Kishimoto, Ren Osugi, Susumu Terajima... LION D’OR FESTIVAL de VENISE 1997.

Du 16/08/17 au 05/09/17

HANA-BIHana-Bi force l’admiration : le talent à l’œuvre, la singularité à l’état brut, c’est un rare et magnifique film… Takeshi Kitano dévoile ici une facette de son art, surgissant là où on ne l’attendait pas, jonglant entre une ironie cinglante et sanglante et une mélancolie aux confins d’un romantisme tout japonais. Inclassable donc, envoûtant et étrange, brillant et virtuose comme un coup de pinceau calligraphique, Hana-Bi marie violence et poésie dans un mouvement de caméra où tout, justement, n’est qu’immobilité…

Hana-bi, en japonais, ça veut dire feu d’artifice. Si on ôte le trait d’union, il reste deux mots, à la fois anodins et forts, deux mots qui vont prendre tout leur éclat au fil de l’intrigue : fleur et mort. Le feu d’éclat, c’est d’abord celui d’une fusillade qui laisse sur le carreau froid d’une vie sans mouvement Horibe, cloué à un fauteuil ; Horibe, flic et collègue du détective Nishi (Takeshi lui-même). Ça en sera trop, beaucoup trop pour l’impassible Nishi qui porte de surcroît, en silence et en souffrance, le secret d’un événement inévitable. Nishi supporte ainsi tous ces traumatismes, sans courage démonstratif, sans un mot, avec juste ce qu’il faut d’orgueil pour faire éclater, inopinément, la force qui l’anime, mélange de désespoir et de pulsion de vie.
Obsédé par les événements cruels qui ont brisé la vie de ceux qui l’entourent, il quitte la police, emprunte de l’argent à un yakuza, devient même hors-la-loi, mais qu’importe… Comme un pied de nez au sort qui lui court derrière, il va prendre les devants, en offrant à sa compagne une balade à la fois amoureuse et spirituelle... une promenade très douce où il n’est pas question de fuite, ni de trop de mots, pas même de tentatives pour chercher à comprendre… juste la vie, dans ce qu’elle a de futile et de beau, et puis la mort, comme une réalité inéluctable.

Rien de superflu, rien de trop, tout est à l’économie, économie de gestes, de paroles, de mouvements. Kitano flirte avec la violence et la brutalité pour mieux se livrer à une douce envolée presque onirique où il est question de fleurs et d’animaux étranges. La maîtrise absolue de la mise en scène suscite l’émerveillement, tout comme la beauté de la photo fait naître l’émotion. Du très grand art.