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À force de tricoter bien au chaud, en papotant au ciné, un projet est né : l’envie de réaliser un ouvrage collectif, de petits carrés d’environ 10cm x10cm, cousus les uns aux autres pour former des couvertures. Que nous enverrons à l’Auberge des migrants, à Calais. L’hiver approche – plus ru...

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Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

THE PARTY

Écrit et réalisé par Sally POTTER - GB 2017 1h10mn VOSTF - avec Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Emily Mortimer, Cillian Murphy...

Du 18/10/17 au 31/10/17

THE PARTYVoilà un petit bijou atypique et savoureux, à la fois farce théâtrale cruelle et critique acide du désenchantement politique dans un pays en plein traumatisme post-Brexit.
The Party – qui n'a rien à voir avec l'inégalable comédie homonyme de Blake Edwards, on peut d'ailleurs considérer comme une faute de goût le fait d'avoir choisi le même titre – pourrait être le croisement improbable entre La Corde d'Alfred Hitchcock, thriller millimétré se déroulant dans un lieu unique et en temps réel, et Festen, le brûlot du danois Vinterberg dans lequel une réunion de famille tourne au désastre, chacun se balançant au visage vérités enfouies et sales petits secrets gardés trop longtemps sous le tapis… Le point commun entre les deux, et même les trois si l'on inclut le film qui nous occupe aujourd'hui, étant un humour noir cinglant.

Unité de lieu dans The Party puisque Janet (Kristin Scott Thomas), brillante femme politique, a décidé de fêter par un dîner dans sa maison londonienne sa récente nomination comme ministre de la Santé. Initiative qui laisse de marbre son mari Bill, universitaire désabusé (le génial Timothy Spall, acteur fétiche de Mike Leigh), qui reste étrangement absent et taciturne, enchaînant les verres et passant obstinément des vieux disques sans daigner prononcer un mot. Arrivent progressivement les invités : April, la meilleure amie de Janet, et son mari fantasque, Gottfried, un naturopathe allemand doué pour dire ce qu'il ne faut pas exactement au moment où il ne faut pas, un couple lesbien, Martha et la jeune Jiney qui attend un heureux événement, et le jeune banquier Tom qui semble particulièrement nerveux.
Ce qui devait être un moment heureux et serein de fête ne va évidemment pas tourner comme prévu, chacun ayant son secret à déballer, et le salon cosy va devenir le chaudron explosif de tous les psychodrames, de petites trahisons entre amis en coucheries inavouables… Tout ça sur fond de carrière politique affairiste terriblement symbolique de cette Angleterre qui a vu le blairisme effacer toute frontière entre la gauche et la droite et qui a mis au cœur de la politique le tout économique et les affairistes en guise de leaders d'opinion.

La comédie cruelle qui se joue dans The Party est donc aussi une réflexion sur un pays qui a perdu ses si chères valeurs démocratiques et ses idéaux prétendument égalitaires. La réalisatrice Sally Potter – inégale mais dont on a jamais oublié le très beau Orlando d'après Virginia Woolfe avec la fabuleuse Tilda Swinton – revient ici à son meilleur et cisèle un huis-clos aux petits oignons, théâtre de la cruauté aux rebondissements stylisés par un élégant noir et blanc. Et surtout The Party est un réjouissant défilé de numéros d'acteurs, tous plus savoureux les uns que les autres : Kristin Scott Thomas est parfaite en femme de pouvoir dont le flegme et la maîtrise de soi vont se fissurer au fur et à mesure que les révélations s'enchaînent, le comédien allemand Bruno Ganz, que la réalisatrice voulait faire jouer depuis son rôle légendaire dans Les Ailes du désir (qui date quand même de 1987 : saluons l’opiniâtreté de la cinéaste) est délicieux dans son rôle d'hurluberlu gaffeur, et Timothy Spall, que nous chérissons particulièrement, est fabuleux dans sa lente descente aux enfers tout au long de la désastreuse soirée.