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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ
    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 2 décembre pour la séance de AU REVOIR LA-HAUT à 13h50. Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h40 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

APPEL À PARTICIPATION
À force de tricoter bien au chaud, en papotant au ciné, un projet est né :  l’envie de réaliser un ouvrage collectif, de petits carrés d’environ 10cm x10cm, cousus les uns aux autres pour former des couvertures. Que nous enverrons à l’Auberge des migrants, à Calais. L’hiver approche – plus r...

THE SQUARE

Écrit et réalisé par Ruben ÖSTLUND - Suède 2017 2h22mn VOSTF - avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, Terry Notary... PALME D'OR, FESTIVAL DE CANNES 2017.

Du 15/11/17 au 26/12/17

THE SQUAREDans la lignée de Snow Therapy, le film aussi troublant que jubilatoire qui nous a fait découvrir début 2015 le réalisateur suédois Ruben Östlund, The Square est une fable contemporaine grinçante, une satire sociale et culturelle d'une férocité délicieuse. Une sorte d'opération de dissection raffinée et hilarante qui s'en va trifouiller dans le dédale des mauvaises consciences de notre époque moderne. Sa lucidité ravageuse pourrait s'appliquer à n'importe quelle société opulente quand bien même l'intrigue prend sa source au sein de l'intelligentsia suédoise.
Christian, notre protagoniste, est le directeur du Musée d'art contemporain de la ville de Stockholm avec tout ce que cela implique. C'est évidemment un être brillant et classieux. Évidemment toujours à l'aise avec ses congénères, maniant tantôt l'art du copinage, tantôt celui de la nécessaire distance. Un être incontestablement supérieur donc, mais qui s'efforce de se garder de la condescendance, contraire à ses valeurs humanistes. Car, toujours aussi évidemment, Christian a des valeurs et la main sur le cœur, du moins s'en persuade-t-il… Fraternité, égalité, solidarité envers les plus démunis… autant de grands mots dont il se gargarise.


Mais si Christian s'affiche généreux pour les causes humanitaires lointaines, on constate vite en le regardant faire qu'il est incapable de tendre la main à ses congénères qu'il côtoie au quotidien… Manque de bol, le jour où il s'y résigne enfin, se sentant plus ou moins consciemment en contradiction avec la nouvelle œuvre présentée dans son musée, « The Square », un carré sensé changer la face du monde et le taux de bienveillance chez les humains, cela va vite déraper dans un sens inattendu. Celui qui crie à l'aide dans la rue, et auquel Christian décide de porter secours, fait partie d'une bande bien organisée : voilà notre officiel de la culture dépouillé de quelques effets personnels, son portefeuille, ses boutons de manchettes, souvenir de son paternel irremplaçable… mais c'est curieusement son portable qui va focaliser son attention : tout un symbole ! Et ce banal vol de smartphone va se transformer en véritable cauchemar ubuesque suite aux choix que fera Christian, aux actions extravagantes et peu reluisantes qu'il va entreprendre. Le vernis policé du personnage ne va cesser de s'effriter au fur et à mesure que l'histoire avance, inexorable. On le verra précieux ridicule, pédant vaniteux, sermonneur intarissable, goujat riquiqui, justicier teigneux au service de sa seule cause, arroseur arrosable… perdant inéluctablement sa superbe. Avec lui c'est tout un pan du système, dont il est un des nombreux piliers, qui se déconstruit.
The Square égratigne au sang ces castes riches, consanguines, passées maîtresses dans l'art de la masturbation intellectuelle, se payant de mots creux, faisant l'apologie d'installations conceptuelles tout autant inintelligibles que les verbeuses explications qui les accompagnent. Discours pontifiants échafaudés pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes magiques, des enfilades de tas de sable pour des œuvres de valeur inestimable…

Il ne faut pas se leurrer, si, entre deux fous rires débridés on rit par moments un peu jaune, c'est qu'à travers ce petit monde étriqué un miroir nous est tendu : de Christian on a forcément quelques traits, c'est cela qui nous le rend tellement familier.