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Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

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    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 2 décembre pour la séance de AU REVOIR LA-HAUT à 13h50. Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h40 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

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À force de tricoter bien au chaud, en papotant au ciné, un projet est né :  l’envie de réaliser un ouvrage collectif, de petits carrés d’environ 10cm x10cm, cousus les uns aux autres pour former des couvertures. Que nous enverrons à l’Auberge des migrants, à Calais. L’hiver approche – plus r...

BLADE RUNNER 2049

Denis VILLENEUVE - USA 2017 2h44mn VOSTF - avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Robin Wright, Hiam Abbas, Jared Leto... Scénario de Michael Green et Hampton Fancher.

Du 29/11/17 au 26/12/17

BLADE RUNNER 2049Nous sommes aujourd’hui à la veille des temps annoncés par le Blade Runner de Ridley Scott. Les voitures ne volent pas, les planètes avoisinantes restent vierges de mines exploitées par des androïdes. Mais la frontière entre l’humain et l’inhumain s’est faite poreuse ; nous surveillons nos stations de travail, nos réfrigérateurs et nos téléphones avec inquiétude, en attendant le moment qui les verra prendre définitivement le contrôle de nos vies. Réalisé en 1981, situé en 2019, Blade Runner voyait loin, mais pas toujours juste, comme toutes les grandes œuvres d’anticipation.
Plutôt que de se risquer à faire le point sur les zones de flou du film de Scott, le scénario de Blade Runner 2049 fait un saut en avant de trente ans. Denis Villeneuve, qui venait de gagner ses galons de cinéaste de science-fiction avec Premier contact, s’en est emparé et a produit un film cauchemardesque et magnifique, immersion toxique et exquise dans un univers qui distille les résultats cataclysmiques des choix malheureux de l’humanité. Avec son directeur de la photographie, Roger Deakins, le cinéaste québecois a enveloppé ce paysage d’apocalypse d’une brume radioactive dans laquelle se meuvent des personnages à l’identité fluctuante – humains, machines, vivants, morts… Cet infernal diorama n’a pourtant pas été conçu pour l’édification des générations futures.

Blade Runner 2049 est empreint d’une tristesse fataliste qui trouve en Ryan Gosling son incarnation idéale. Son personnage a été baptisé K. Son statut de réplicant n’est jamais mis en doute. C’est parce qu’il est lui-même un androïde d’apparence humaine qu’il est le mieux qualifié pour ce poste de blade runner, pourchassant les derniers survivants de la génération des machines que traquait déjà Rick Deckard (Harrison Ford). K exerce sa triste profession dans l’agglomération de Los Angeles. La splendeur grouillante de 2019 n’est plus qu’un souvenir. Les désastres écologiques et militaires ont plongé la Californie dans un crépuscule automnal permanent. La première exécution extrajudiciaire que commet K met en branle un très lourd et très lent mécanisme qui redéfinit progressivement la question que posait Philip K. Dick dans le roman qui servit d’inspiration à Ridley Scott : est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ? En tuant un réplicant, K, lui-même tout à fait conscient de sa condition de machine, a ouvert une brèche dans le mur sans faille que les humains ont érigé pour tenir leurs créatures robotiques à l’écart de l’espèce qui les a conçus. La vie quotidienne de K est d’abord mise en scène comme un abîme de médiocrité : il est soumis aux caprices d’une chef de bureau sadique (Robin Wright) et ne trouve de consolation à sa solitude que dans le commerce d’une ravissante créature numérique (Ana de Armas). Moins qu’une machine sophistiquée, K est un esclave, capable de faire tout ce que les humains font (et souvent mieux) sans jouir d’aucun de leurs droits. Alors que le parcours de Deckard dans Blade Runner l’amenait à prendre conscience de sa vraie nature, celui de K relève plus de l’éveil politique. Dans son sillage, on parcourt la cité dont il met au jour les rouages cachés, dont il explore les failles béantes. Plus encore que l’édifice complexe du scénario, c’est cette mise en scène d’une société humaine faillie qui fait le prix et la profondeur de Blade Runner 2049. Pour un Terrien de la fin du xxe siècle, cette planète-là serait inhabitable, et pourtant l’espèce se maintient : les enfants sont retournés au travail, l’Etat ne garantit plus la paix qu’à une minorité. Ces quelques privilégiés utilisent la souffrance des autres pour mieux asseoir leur position. A cet égard, c’est moins le personnage de milliardaire pervers qu’incarne Jared Leto qui suscitera un haut-le-cœur que celui de l’assistante androïde, créature baroque et superbe qui répond, à trois décennies de distance, à Pris, la réplicante que jouait Daryl Hannah dans le film de Scott. Les îlots de population, généralement misérables, sont entourés de déserts jonchés de ruines, qui s’étendent vers l’est jusqu’à Las Vegas, figuration de l’enfer sur Terre. C’est là que K rencontrera Deckard. Ce qui se trame entre eux laisse le même goût d’inachevé, les mêmes regrets que le reste de ce film qui est comme un requiem (à peine prématuré) pour une humanité aveuglée par son orgueil. Sur un rythme d’adagio, scandé par des explosions de violence, Denis Villeneuve a la générosité d’offrir l’antidote à ce désespoir, selon un protocole thérapeutique digne de Philip K. Dick : il pare ces derniers jours d’une splendeur terrible, en déploie les horreurs avec une lenteur magnifique. Au tréfonds de ce film sans fin, hypnotisé, halluciné, on a perdu l’envie d’en sortir.
(T. Sotinel, Le Monde)