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SÉANCES BÉBÉS
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CINÉ TRICO'THÉ
    Le prochain CINÉ TRICO’THÉ sera le samedi 7 avril pour la séance de LADY BIRD à 13h20.Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 14h35 !https://www.facebook.com/events/219803155259351/Le projet “des petits carrés” es...

Le cinéma français pète la forme! (Paraît-il…)
Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de sortir, relayé par les médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets vendus, soit à peine 4 millions de moins que l’an dernier et...

Cycle FILMER LA FOLIE proposé par l'ARASM Croix Marine
Séance unique le 23 janvier avec la bénédiction de LadyBirds, producteur du film, et suivie d'une discussion animée par Jean-Pierre Montalti, psychiatre et Joseph Mornet, psychologue.

VOYAGE AU COEUR DE L’ALCOOL(ISME)

Écrit, réalisé et filmé par Christophe Otzenberger - documentaire France 2011 1h24mn - Les (très beaux) portraits en noir et blanc sont de Grégoire Korganow...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VOYAGE AU COEUR DE L’ALCOOL(ISME)Hommes, femmes, jeunes, vieux, citadins, ruraux, alcoolos mondains ou soiffards du matin : « On est tous des alcooliques de base », tranche une ancienne buveuse. Ni faiblesse ni vice : pour Voyage au cœur de l’alcool(isme), tout le monde est égal devant cette maladie aux causes multiples. Recherche d’anesthésie, d’isolement, face à des problèmes de famille, d’argent, de boulot… D’emblée, le documentariste Christophe Otzenberger expose sa propre faiblesse, son alcoolisme : « Je la tutoie depuis longtemps cette maladie », avoue-t-il, en introduction.
Grâce à de jolis cadres, et d’étonnants plans fixes, très larges, jamais la forme du documentaire ne vient abîmer une parole délivrée en toute sincérité. Sans véritable structure, Voyage au cœur de l’alcool(isme) s’articule autour de longs témoignages, à peine montés, à peine coupés.
En confiance, ces malades, proches de malades ou ex-malades prennent le temps de raconter l’ennui, les idées noires, la dépression, qui ont engendré l’alcoolisme -- « Ça te ronge, ça te ronge. » Puis les ambiances de bistrot, le pastaga sur le zinc, les copains qui t’entraînent dans la chute. Les paupières lourdes, la trogne abîmée, la diction pâteuse, la tremblote. Les envies de suicide. Ce père qui planquait les bouteilles dans la machine à laver. Cette femme qui se levait quinze fois par nuit pour picoler. Cet homme qui en était à « un cubi de 5 litres et une bouteille de Ricard par jour… Je voyais pas la différence entre le jour et la nuit ». Le médecin qui dit « le produit » pour dire bibine. Et la souffrance de la cure de désintox -- « T’as l’impression de crever. »
Entre ces témoignages, Otzenberger a intercalé les très jolis portraits en noir et blanc de ceux qu’il interroge. À travers leur expérience, Voyage au cœur de l’alcool(isme) aborde cette chute, ce cercle vicieux de l’alcool, et tous ses sujets connexes : l’alcool et la route, l’alcool et la violence, l’alcool et l’entourage, la famille, la honte, les mensonges, les traitements… Le documentaire parvient à faire le tour de la question, sans posture morale ni artifice. Dans ce voyage-là, de cercles de parole en consultations médicales, on découvre des existences imbibées, brisées, ou à peine raccommodées. (I. Hanne, Libération)

Pour vous dire, le cinéma de Christophe Otzenberger serait au documentaire ce que le cinéma de Ken Loach est à la fiction : une bouffée d'air frais enthousiasmante en même temps qu'un geste politique simple et généreux. Rentrer dans ses films, c'est aller chez ses voisins à la rencontre de Daniel Blake, parler, écouter, filmer, surprendre et se surprendre à se passionner pour les vies, les désillusions et les rêves des autres. C'est apprendre à s'émerveiller, découvrir un regard, attentif et chaleureux, porté sur les vies des plus déshérités et des moins visibles d'entre nous. Il dégage des films de ce diable d'homme une bienveillance évidente, inconditionnelle, pour le genre humain, qui fait qu'on ne peut que les aimer. Otzenberger nous a quitté en ce début juin 2017.