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MOBILE HOMES

Écrit et réalisé par Vladimir de FONTENAY - Canada 2017 1h48mn VOSTF - avec Imogen Poots, Callum Turner, Callum Keith Rennie, Cindy Day, Shane Daly...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MOBILE HOMESQuand on découvre Mobile homes, on pense forcément au formidable The Florida project, récemment programmé – et ardemment défendu – sur nos écrans : l'histoire de cette jeune mère échouée aux portes de Disneyworld en Floride, dans un motel autrefois destiné aux touristes et désormais foyer d'une poignée de déshérités, qui tente tant bien que mal d'élever sa fille malgré les mauvais choix et les petites combines a priori incompatibles avec la fonction de parent… Dans Mobile homes, bien loin du soleil de Miami, nous sommes à la frontières glaciale qui sépare le Canada des États Unis. La jeune Ali, son copain Evan et son fils Bone, âgé d'à peine 8 ans, sillonnent la région dans leur van brinquebalant, allant de motel en motel et de petits trafics en minables arnaques. A l'arrière du camion, le couple transporte entre autres des coqs de combats dont le soin est confié au pourtant tout jeune Bone, coqs qu'Evan tente de monnayer au prix fort, promettant toujours à Ali des jours meilleurs qui tardent à venir… Pour Ali qui aspire encore en priorité à l'amour et à la liberté, Bone est plus souvent un boulet que l'objet de son affection et il sert aussi à détourner l'attention des serveuses et du patron quand les amants fauchés comme les blés sont obligés de filouter dans un restaurant : c'est plus facile quand un blondinet à qui on donnerait le bon dieu sans confession fait semblant de garder la table…


Le film du français Vladimir de Fontenay est nourri par sa fascination pour le mythe de la route américaine, celui qui a tant inspiré les écrivains depuis Kerouac & co, et tant de cinéastes après eux. Mobile homes est ainsi transcendé par la beauté des grands espaces, fussent-ils glacés et désolés, et par le mouvement du voyage, fut-il voué à des destinations bien peu exaltantes. Mais si le film est beau, c'est aussi par le regard que le réalisateur porte sur ses personnages, ballottés au gré d'improbables pérégrinations. Un regard jamais hautain, jamais culpabilisant, jamais fataliste. Ainsi, dans la deuxième partie du film, Ali va se poser quelques temps dans un parc de mobile homes – ces maisons toujours prêtes à être déplacées sur une remorque tractée par un camion, titre du film et symbole s'il en est de la vie d'Ali – et y trouver la bienveillance d'un homme bon, loin du manipulateur Evan. Elle y trouve aussi une tranquillité, un confort presque oubliés, peut être même l'espoir d'une nouvelle vie, d'un nouveau foyer. Pour combien de temps ?

Mobile homes impressionne par la maîtrise de sa mise en scène – remarquable pour un premier film –, qui sait être contemplative quand il s'agit d'inscrire ses personnages dans un cadre presque trop grand pour eux et se faire haletante quand la situation l'exige, quand le rythme de l'action s'accélère, notamment dans la scène de poursuite finale. Et d'une distribution impeccable émerge la merveilleuse Imogen Poots – déjà vue dans Knight of cups de Terrence Malick et Green room de Jeremy Saulnier, bouleversante en trop jeune mère irresponsable, égoïste, intrépide, aimante… Rien que pour elle il faut voir le film.